Coronavirus : tousse ensemble !

Tous dans le même bateau… pour une fois
Coranavirus ou Covid-19 pour les intimes. Serait-ce l’agent pathogène qui solidarisera le monde avant de nous annihiler ? Sommes-nous à la veille de cette apocalypse dont parlent les Saintes Ecritures ? Pour ma part, j’aurai misé sur un soulèvement des machines ou un holocauste nucléaire. Mais étant biologiste, un microbe me convient tout autant…

C’est officiel ! Il aura fallu deux mois et demi, depuis le début de l’épidémie, pour mettre Milan et Venise en quarantaine. Juste après le carnaval d’ailleurs, sauf que les masques étaient tous les mêmes et dans le genre médical.

2020 débute sur les chapeaux de roues. A quoi bon se souhaiter la bonne année si c’est pour se coltiner des saloperies du tiers-monde qui voyagent en première classe ? Peut-être que l’an prochain, on n’aura pas l’occasion de le faire. Car au rythme où le Covid-19 traverse les frontières et nos barrières physiologiques, on finira tous dans un cercueil en sapin avant Noël.

D’autant plus que les chercheurs viennent d’identifier une nouvelle souche du virus et que certaines mauvaises langues s’accordent à dire qu’il s’agit d’une arme biologique destinée à nettoyer l’Afrique de sa population. Le but étant d’arrêter les flux migratoires et de pomper les richesses sans payer des commissions aux grands marabouts d’Etat. Une hypothèse « capillotractée » certes, mais qui alimente les fantasmes les plus tordus.

A dire vrai, depuis que le monde entier est connecté H24 sur les réseaux sociaux, la haine de l’autre s’est développée à une vitesse accrue au détriment de la tolérance et du respect. Si ce virus unit les peuples ? Bien sûr que oui, mais dans le mauvais sens. On nous pompe l’air avec des reportages mettant en scène l’inquiétude des interviewés, mais au fond, ces gens bouillonnent d’excitation à l’idée de voir le Chinois, l’Algérien ou le Français cracher ses tripes.

Pourquoi ? Pourquoi cette méchanceté gratuite ? Peut-être parce qu’on s’ennuie, qu’on a plus rien à découvrir, que l’on porte tous des jeans et qu’on a tous un compte facebook. Peut-être aussi que cette quête du bonheur s’est transformée en quête de l’euro ou du dollar. Peut-être aussi que les gens sont dégoûtés des religions, de leurs suppôts et de ses coutumes ancestrales qui nous empêchent de sourire à notre prochain si son Dieu n’est pas le nôtre. Qui sait ?

Ce nouvel agent pathogène s’accapare toutes les attentions et ce n’est pas une si mauvaise chose. Cela permet d’oublier nos petites querelles et de se dire que la vie ne tient qu’à une poignée de main moite. Je tiens, avant de clore cet article, à féliciter les ministres et chefs d’Etat du globe qui, à travers les ravages du Covid-19, régleront, un tant soit peu, le problème des retraites (sarcasme).

Pour ma part, cette épidémie m’a redonné envie de revoir le film « Alerte » (1995) de Wolfgang Petersen : un virus mortel, similaire à l’Ebola, s’empare d’une petite ville des Etats-Unis. Les hauts gradés du Pentagone décident, alors, de larguer une bombe incendiaire pour exterminer la population avant que le pays entier ne soit contaminé.
Espérons qu’on n’en viendra pas là avec le corona…

Mohamed Habib LADJIMI
Tunis-Hebdo du 09/03/2020

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