Il était une fois l’Auberge de la Habibia

Il était une fois l’Auberge de la Habibia

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Encore plus magique que le Belvédère, pour les enfants de ma génération, l’Auberge de la Habibia constituait un rêve souvent inaccessible.

Pour parvenir à cette auberge, bastion des sorties dominicales, il fallait traverser la ceinture verte de Tunis.

Aujourd’hui dévorés par l’urbanisation, les champs s’étalaient à perte de vue. Arrivés à destination, l’auberge se cachait dans les replis d’un sous-bois et se déployait au bord d’un lac minuscule mais qui semblait immense dans nos yeux d’enfants.

L’auberge regorgeait de monde et nombreux étaient ceux qui se contentaient d’un pique-nique à l’ombre des grands arbres.

L’auberge était tenue par des Italiens dont je n’ai jamais connu le nom. Ils étaient durs à la tâche et accueillaient comme à la maison.

Dans le nord et ailleurs en Tunisie, ils étaient nombreux ces Italiens qui tenaient de petits restaurants familiaux. De Zaghouan à Tebourba, ces aubergistes nourrissaient voyageurs et touristes.

Ces lieux de vie ont commencé à disparaître au milieu des années soixante-dix et de ces traces européennes dans les campagnes, il ne reste plus que des souvenirs, des églises vides et des cimetières abandonnés.

Même les images de cette époque semblent mystérieusement disparues. Seuls demeurent de fugaces souvenirs.

Qui se souvient de ces auberges, en particulier celle de la Habibia qui, les dimanches, mettait ses habits cosmopolites au service de toutes les communautés de Tunis et ses environs ?

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