La Tunisie perd une place dans l’Indice de perception de la corruption 2019

CP : Webdo

La Tunisie a perdu une place dans le rapport de l’indice de la perception de la corruption pour l’année 2019, élaboré par l’ONG International Transparency.

Se basant sur les avis et les analyses d’experts à travers le monde entier, cet indice est considéré comme l’un des plus importants produits de recherche publié par Transparency International, et l’un des indices de propagation de la corruption dans le secteur public les plus attendus chaque année.
Le tout récent rapport, publié aujourd’hui, indique que 60% des pays concernés ont amélioré leur classement à travers l’arrangement de législations organisant les donations lors des campagnes électorales.

Présentés ce jeudi 23 janvier 2020 par I Watch, les résultats montrent que la Tunisie se trouve désormais à la 74e place mondiale avec 41 points, contre la 73e place l’année précédente.

« En dépit de la transition réussie et pacifique du pouvoir, qui a permis à la Tunisie de garder ses 43 points, le rendement des trois pouvoirs le législatif, l’exécutif et le judiciaire a induit la perte de la place » a annoncé l’ONG qui a expliqué ceci par l’absence de la volonté politique qui se traduit par le phénomène d’impunité, la sélectivité dans le traitement des dossiers de corruption et l’absence d’application de la loi de protection des dénonciateurs.

Manel Ben Achour, coordinatrice de programmes au sein de l’organisation I Watch, a regretté la stagnation de la Tunisie en ce qui concerne l’indice de la perception de la corruption « malgré les diverses lois adoptées à ce sujet et la présence de l’Instance nationale de lutte contre la corruption (INLUCC), en plus des efforts des différentes composantes de la société civile ».

Elle a estimé qu’en plus de l’absence de la volonté politique, le rôle joué par la justice reste faible. « La guerre annoncée contre la corruption est une guerre fictive, sans véritables actions », a-t-elle insisté.

A cet effet, I Watch a présenté une série de recommandations à suivre afin d’observer dans les années prochaines une meilleure amélioration du rendement de la Tunisie au sein de ce rapport crucial pour les investisseurs étrangers.

  • Inclure la lutte contre la corruption parmi les priorités du prochain gouvernement
  • Rompre avec l’impunité
  • Mettre en oeuvre le rôle de contrôle du Parlement
  • Mettre en place la cour constitutionnelle
  • Traiter plus rapidement les affaires de corruption par la justice
  • Mettre en place une loi organisant la transparence dans la vie publique
  • Accélérer la mise en place des ordres pratiques des lois liées à la lutte contre la corruption
  • Traiter sérieusement le dossier de récupération de l’argent volé à l’étranger
  • Adopter plus de transparence dans le secteur des industries extractives

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