L’économie tunisienne en 2019 : Des chiffres et des lettres !

L’économie tunisienne en 2019 : Des chiffres et des lettres !

Par - Tunis-Hebdo
Secteur économique en Tunisie : plus comiques qu’économiques
L’année 2019 touche à sa fin et côté chiffre, on reste sur notre faim… Il est conseiller de ne jamais remonter le moral d’un dépressif, ça ne fait qu’aggraver son état. Rassurez-vous, ce n’est point la finalité de cet article. En quelques mots, nous dresserons les statistiques relatives aux différents secteurs économiques dont les résultats sont pire que ceux de l’année précédente.

Au cours des dix premiers mois de 2019, le déficit de la balance commerciale s’est établi à 16,507 milliards de dinars (MdD) contre 15,986 MdD, durant la même période en 2018, et ce malgré l’amélioration du dinar par rapport à l’euro (+3,08% entre octobre 2018 et octobre 2019). Un bilan déficitaire qui fait de la Tunisie un pays de gros cons… sommateurs.

« Je n’ai plus les moyens de manger de la viande », une phrase devenue culte au point d’irriter nos oreilles tout au long de l’année. Néanmoins, la hausse du coût de la vie ne peut que donner raison à ces végétariens résignés. De fin 2010 à novembre 2019, l’indice des prix à la consommation familiale a, de ce fait, augmenté de 162,5% en moyenne. Le prix de l’agneau, qui oscillait généralement, entre 24 et 27 dinars le kilo a subitement passé la barre des 30 dinars sans pallier de décompression. De quoi causer une embolie au citoyen.

Mais voyons le bon côté des choses, moins de viande signifie une santé de fer. Et qui dit « santé » dit Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS). Au fait, où en est le trou de la sécu ? Il se creuse d’année en année… A fin 2019, le déficit de la CNSS s’est établi à 2 MdD contre 781 millions de dinars (MD) en 2018 ! Tant de gens malades ! C’est à se demander si la farine que l’on consomme n’est pas un « céréale-killer »…

C’est là le paradoxe tunisien. Car à défaut d’avoir du blé, on croule sous les tonnes de céréales. Or, même si nos ministres nous rabâchent sans arrêt que l’on a explosé les records de production en 2019 (24 millions de quintaux), ce qui est archi faux d’après l’Observatoire national de l’agriculture (29,041 millions de quintaux en 2003), on trouve le moyen de foutre en l’air 1,5% de la production (pluies, incendies), soit 24,6 MD !

En contrepartie, on importe des céréales d’Europe en devises étrangères pour satisfaire la demande. Comme un malheur n’arrive jamais seul, il paraîtrait que ses importations soient radioactives ! Tant mieux ! Passons à l’énergie nucléaire avant que la STEG nous coupe le courant…

Car, question énergie et ressources naturelles, on n’a que les rayons du Soleil pour nous bronzer les fesses. Etant donné que la production nationale de pétrole est au ralenti, avec une diminution de près de 40% en 6 ans (de 2012 à 2018) et que le prix du brut continue de grimper, la STEG s’est, récemment, décidé de s’attaquer aux impayés, services publics compris. De plus, les factures de gaz et d’électricités vont augmenter de 11% à partir de janvier 2020, une manière comme une autre de sauver nos entreprises publiques.

Entreprises qui, soit dit en passant, se consument à petit feu par leur propres employés qui cumulent les heures supplémentaires inexistantes, les emplois fictifs et les grèves à tout bout de champ. Au final, la SNCFT ne va plus bon train (470 MD de déficit), la SONEDE se noie (300 MD de déficit), la STEG s’électrocute (1,937 MdD de déficit) et Tunisair… n’a plus de pilote aux commandes !

Au rythme où vont les choses, il est fort probable que l’on entendra un « Ya hassra ala 2019 » en décembre 2020.

Mohamed Habib LADJIMI
Tunis-Hebdo du 30/12/2019

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