Développements en Libye et tension en méditerranée : Où en est la...

Développements en Libye et tension en méditerranée : Où en est la Tunisie ?

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La Libye confrontée à la guerre civile depuis 2011

Alors que la Libye plonge encore plus dans le chaos et dans la guerre civile, la Turquie annonce sa prédisposition à envoyer ses forces terrestres pour appuyer ce qu’elle appelle la légitimité internationale dans ce pays.

La tension ne cesse de monter, mais pendant ce temps-là, la Tunisie, fidèle à ses traditions diplomatiques, opte pour le silence et la retenue. Mais l’étape n’exige-t-elle pas une position claire sur ce qui se passe à nos frontières pour préserver nos intérêts économiques et sécuritaires ?

Dernier rebondissement. Hier, jeudi 12 décembre, le chef de l’Armée nationale libyenne, Khalifa Haftar, a annoncé, dans un discours retransmis à la télévision, avoir relancé son offensive sur la ville de Tripoli.

Le maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l’Est libyen qui tente depuis le 4 avril de s’emparer de la capitale libyenne, a annoncé avoir donné l’ordre à ses hommes de lancer la « bataille finale » pour le contrôle de Tripoli. « L’heure zéro a sonné pour l’assaut large et total attendu par tout Libyen libre et honnête », a-t-il déclaré.

Une annonce qui laisse présager le doute sur la capacité de ce pays de sortir de cette crise politique et sociale marquée notamment par un conflit armé interne interminable. Pendant ce temps-là, le président turc, Recep Erdogan a déclaré qu’il pourrait déployer ses troupes si le gouvernement de Tripoli le lui demandait pour faire face à l’offensive du maréchal Haftar.

En effet, Erdogan affirme la prédisposition de son pays de déployer des troupes en Libye si le gouvernement de Fayez el-Sarraj l’invitait à le faire. Son gouvernement d’union nationale (GNA), reconnu par l’ONU et la communauté internationale, est très affaibli face à l’offensive du maréchal Khalifa Haftar, qui, à la tête de son «Armée nationale libyenne» (LNA), contrôle une très large partie du territoire libyen à l’exception de zones au nord-ouest, autour de Tripoli, où se maintient le GNA.

Plus de 1000 personnes ont été tuées et plus de 5000 autres blessées dans les combats depuis une offensive du maréchal Khalifa Haftar contre la capitale libyenne Tripoli, il y a six mois, a indiqué l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Renforcement sécuritaire

Une situation chaotique qui place la Tunisie dans l’obligation de renforcer son dispositif sécuritaire à sa frontière sud. En effet, la sécurité a été renforcée à Ben Guerdane, dans le gouvernorat de Tataouine, où des unités sécuritaires et militaires ont été déployées tout long de la frontière tuniso-libyenne.

Mais sur le plan diplomatique, la Tunisie n’avance pas et ne présente pas une politique efficace pour, au moins, préserver ses intérêts. Dernièrement, le président de la République, Kais Saied, a reçu, le président du Conseil présidentiel du gouvernement d’union nationale libyen, Fayez El Sarraj, qui était en visite officielle en Tunisie.

Lors de leur rencontre, plusieurs points ont été abordés et notamment les relations économiques et politiques entre les deux pays, mais les questions humanitaires ont également abordées lors de leur réunion au palais de Carthage, mais rien n’a été annoncé sur la situation sécuritaire et militaire dans ce pays.

Il faut rappeler également, qu’en octobre dernier, Saied avait reçu au palais de Carthage, le président du Conseil suprême de l’Etat en Libye, Khaled Mechri.

Ce dernier était d’abord venu le féliciter d’avoir remporté l’élection présidentielle, mais Khaled Mechri était en Tunisie notamment pour informer le chef de l’Etat des développements en Libye, concernant l’initiative lancée par Khaled Mechri pour un règlement global de la crise libyenne et du processus de rédaction d’une constitution pour le pays.

Dans ce contexte bien précis, Kaïs Saïed a « réaffirmé la position tunisienne sur la question libyenne et l’adhésion de la Tunisie à la légitimité internationale visant à trouver un règlement politique global servant les intérêts du peuple libyen, préservant sa souveraineté et son intégrité territoriale et rétablissant la sécurité et la stabilité dans ce pays frère ».

On pourra comprendre donc, que la politique de Saied concernant le conflit Libye est de soutenir ce qu’on appelle la légitimité internationale. Mais laisse-t-il la porte ouverte à un éventuel rapprochement avec Khalifa Haftar ? Que se passera-t-il si ce dernier parvient à contrôler intégralement la Libye ? Quelle seront les perspectives de coopération sécuritaire entre les deux pays ? Tant de questions mais très peu de réponses de la part de la présidence tunisienne qui continue à adopter la même position diplomatique depuis le déclenchement de ce conflit Libye.

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