Ministères de souveraineté : Vers le parachutage de « proches » d’Ennahdha

La liste de noms de personnalités politiques qui pourraient occuper, dans les prochains jours, un poste de ministre dans le prochain gouvernement qu’est en train de former Habib Jomli, s’allonge de jour en jour alors que les concertations se poursuivent concernant la formation de ce gouvernement.

Sauf surprise de dernière minute, le nouveau gouvernement sera dirigé par Habib Jomli, chef du gouvernement désigné par Ennahdha. Le 19 novembre dernier, Habib Jomli indiquait bien qu’il était pour la neutralité des ministères de souveraineté.

Il affirmait également avoir posé ses propres conditions au président d’Ennahdha, Rached Ghannouchi avant d’accepter le poste de chef du gouvernement et assurait avoir exigé toute la liberté et l’indépendance pour former son gouvernement et opérer ses choix politiques et économiques durant sa mission.

Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts. Si Mohamed Abbou n’aura pas le ministère de la Justice, ce dernier ayant officiellement annoncé que le Courant Démocratique ne participera au prochain gouvernement en cours de formation et qu’il ne votera pas en sa faveur, le portefeuille de la Justice pourrait aller à Hedi Kediri, ancien premier président de la Cour de cassation et président par intérim du Conseil supérieur de la magistrature (CSM).

Cette possibilité est évoquée par le journal Al-Maghreb, qui signale que ce postulant est connu pour être un proche de Noureddine Bhiri, l’ancien ministre de la Justice. Aujourd’hui, Mohamed Abbou a expliqué que lors de sa rencontre, jeudi 5 décembre avec Habib Jomli, ce dernier a insisté pour que le Courant Démocratique participe au prochain gouvernement tout en évoquant le fait qu’Ennahdha et d’autres partis politiques n’ont pas accepté la condition d’accorder le ministère de la Justice au Courant Démocratique alors que Jomli avait promis ce portefeuille à Attayar.

Mohamed Abbou a également évoqué le fait qu’Ennahdha refuse que le ministère de l’Intérieur soit accordé à un quelconque parti alors que le Courant démocratique a proposé deux noms d’indépendants, un avocat et un magistrat. Or, c’est Sofiene Essid qui est pressenti pour le ministère de l’Intérieur, rapporte Al-Maghreb. Sofiane Essid est un ancien directeur de cabinet de Riadh Mouakhar au ministère des Affaires locales et de l’Environnement et est connu pour sa proximité avec Ennahdha.

D’autres noms sont en lice comme  Saïda Ounissi (Ennahdha) à l’Emploi et la Formation professionnelle, Ahmed Gaaloul, un indépendant proche d’Ennahdha, à la Jeunesse et au Sport ; Fayçal Derbel aux Finances ; Mohamed Fadhel Abdelkefi à l’économie, ou à la coopération internationale et l’investissement ; Naoufel Jamali à l’Environnement ; Hedi Soula à l’Agriculture ; Anouer Maarouf aux Technologies de la communication ; Elyes Mnakbi au Transport.

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