Tunisie : Ennahdha au bord du conflit ?

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Le parti Ennahdha ne connait pas actuellement ses meilleurs jours, en raison de l’avancement des concertations sur la formation du gouvernement, mais notamment de certains prémices de conflit interne.

Si certains de ses dirigeants commencent à briser le silence et à exporter les problèmes internes du parti, longtemps étouffés avant leur manifestation à l’opinion publique, aujourd’hui la donne a changé, on commence petit à petit à entendre parler de conflit entre Rached Ghannouchi et certains cadres d’Ennahdha connus, pourtant, pour leur « obéissance » et fidélité aux choix et décisions au leader historique du parti.

C’est un secret de polichinelle, des conflits internes commencent à brouiller l’image de ce parti toujours présenté comme solide, solidaire et soudé. Mais au vu des dernières déclarations, positions et même décisions des dirigeants nahdhouis on s’aperçoit progressivement que le parti connait une effervescence qui menace la solidité de ses structures.

Encore faut-il reconnaître qu’un parti basé sur une idéologie saura toujours sortir de ces crises qui le frappent en son sein et qui mettent en péril sa stabilité. C’est le cas du parti islamiste qui a toujours su, au moins d’un point de vue communicationnel et médiatique, gérer ces crises et les camoufler avant qu’elles ne se transforment en une affaire d’opinion publique.

Mais cette fois-ci l’épreuve s’avère être rude, car quand il s’agit de la démission de Zied Laadhari, l’un des fervents défenseurs des choix de Ghannouchi, il est même connu pour être un des dirigeant préféré du leader historique d’Ennahdha.

En effet, Zied Laadhari, qui a annoncé sa démission du Secrétariat général et du bureau exécutif du parti Ennahdha et sa renonciation à toutes les responsabilités au sein du parti, a tenu à expliquer les raisons d’une telle décision.

Il explique que cette décision intervient à cause d’un sentiment de malaise quant à la voie empruntée par le pays depuis quelque temps, « en particulier les décisions majeures prises par le parti ».

Dans ce sens nous pouvons comprendre que ces choix ne sont autres que la désignation de Habib Jomli pour former le gouvernement, mais aussi de s’allier au parti Au Cœur de la Tunisie pour assurer la présidence du parlement à Rached Ghannouchi.

En effet, Laadhari semble avoir mal pris la décision de voir Habib Jomli former le prochain gouvernement, alors qu’il a été longtemps présenté au sein d’Ennahdha comme étant le nouveau chef du gouvernement.

D’ailleurs sa participation au dernier gouvernement comme ministre de l’investissement n’était qu’une première étape pour s’initier au poste de chef du gouvernement, en tout cas c’est ce que disent les coulisses du parti islamiste.

Qu’est ce qui a changé ? Pourquoi Rached Ghannouchi a-t-il tiré le tapis sous les pieds de Laadhari ? Des questions qui restent sans éléments de réponse, mais il est sûr que Ghannouchi a préféré sacrifier le jeune dirigeant d’Ennahdha au profit de ses propres calculs et manœuvres politiques.

Ennahdha divisé

Mais cette divergence entre Ghannouchi et Laadhari ne constitue que la continuité d’un conflit interne qui semble opposer certains dirigeants d’Ennahdha au Conseil de la Choura et notamment à Rached Ghannouchi et Abdelkarim Harouni.

En tout cas, les positions de Mohamed Ben Salem, Abdelatif Mekki, Lotfi Zitoun et récemment Zied Laadhari ne font pas laisser croire le contraire.

Alors que tout le parti, ainsi que son Conseil de la Choura étaient unanime, rappelons-le, quant à la candidature de Rached Ghannouchi pour le poste de chef du gouvernement, ces dirigeants ont brisé le silence et ont pris d’assaut les tribunes médiatiques pour s’exprimer et s’opposer à cette candidature, ce qui laisse penser également à une absence de communication au sein du parti Ennahdha.

En tout cas, le prochain congrès d’Ennahdha qui aura lieu l’été prochain devrait métamorphoser carrément le parti, ce congrès devrait connaitre un changement à la tête du Mouvement, Ghannouchi doit à cette occasion passer le flambeau.

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