Notre tourisme va-t-il planer avec l’Open Sky ?

Notre tourisme va-t-il planer avec l’Open Sky ?

Par - Tunis-Hebdo

Le salut du tourisme tunisien passe-t-il, inéluctablement, par l’ouverture de notre ciel aux compagnies aériennes internationales ? L’Open Sky est-il vraiment le remède miracle aux maux qui rongent le tourisme tunisien ?

L’annonce de l’entrée en vigueur de l’Open Sky, vers la fin février 2020, a fait la Une des journaux de la place et suscité beaucoup d’enthousiasme de la part des professionnels du secteur en raison, surtout, des retards accusés dans les négociations entre les deux parties, la Tunisie d’une part et l’UE, d’autre part.

La question qui taraude, cependant, l’esprit des gens du métier est de savoir si cette annonce sera suivie ou non d’effet. Nous disons ça car depuis que la Tunisie et l’Union européenne ont officiellement signé, le 11 décembre 2017, la convention de l’Open Sky, les choses n’ont pas bougé d’un iota, l’accord s’étant confronté à plusieurs obstacles, le denier en date est inhérent aux procédures du Brexit.

« Savoir peser le pour et le contre ! »

« C’est seulement à ce prix qu’on peut tirer profit de l’Open Sky, déclare Mohamed Akram Cherif, DG d’Andalucia Beach Hotel Bizerte. Il est indéniable que l’ouverture du ciel constitue un atout pour notre tourisme, surtout en rapport avec les visiteurs européens qui arrivent exclusivement par avion, les Libyens et les Algériens étant des touristes transfrontaliers et leur arrivée ne pose pas problème.

L’Open Sky a ceci de positif qu’il peut booster trois ou quatre marchés européens traditionnels qui ont accusé, malheureusement, un repli. Dans les années 90, la Tunisie accueillait plus d’un million d’Allemands, et autant de Français. Ceci dit, nous pouvons rééditer ces chiffres, voire faire mieux avec l’ouverture du ciel. On peut même y joindre les marchés anglais, italien et belge qui ont un potentiel intéressant ».

Comment l’Open Sky va-t-il réaliser ces prouesses ? Akram Cherif suspend sa réussite à plusieurs conditions. « Tout d’abord, l’Open Sky appelle la digitalisation de la destination Tunisie, autrement dit l’offre doit être sur le net. Pour ce faire, nous devons créer une centrale de réservation avec un grand référencement où les hôteliers puissent mettre leurs tarifs.

Cela nous épargnerait de recourir aux services de la plateforme internationale, Booking.com, qui perçoit des marges entre 15% et 20%. Il serait opportun de dépenser ces milliards en créant notre propre centrale de réservation, le ministère du Tourisme peut le réaliser dans le cadre d’un partenariat public/privé avec la société Téléperformance à titre d’exemple. L’offre sur Internet permet, en effet, la transparence sur les prix et il est temps que les opérateurs du tourisme se mettent d’accord sur les tarifs à appliquer ».

« Harmoniser les offres de prix »

« Les hôteliers sont tenus, insiste notre expert, de fixer un prix plancher au-dessous duquel il ne faut pas descendre. L’harmonisation des prix est une condition sine qua non pour la réussite de l’Open Sky, car si nos opérateurs vont se complaire à brader les prix, l’ouverture du ciel tunisien va nous être néfaste. Il faut qu’il y ait une concertation entre les différentes parties prenantes pour que la destination Tunisie ne soit pas bradée, autrement c’est notre image de marque qui prendra un sacré coup ».

Qu’en est-il du rôle du marketing pour la promotion de notre site ? « Primordial, reconnaît Akram Cherif. Les sociétés low cost, plus tu leur donnes du marketing, plus nombreux ils affluent. Nous devons, à tout prix, multiplier les campagnes promotionnelles dans les aéroports européens pour séduire une clientèle qui est sollicitée, ne l’oublions pas, de toute part.

Si nous voulons que les compagnies low cost, à l’instar d’EasyJet, atterrissent à l’aéroport d’Ennefidha, il faut que le gouvernorat de Sousse mette la main à la pâte et allouer un budget promotionnel. Quand la Perle du Sahel accueille des milliers de touristes supplémentaires, c’est un panel d’activités de la ville qui en profitera et des milliers d’emploi qui seront créés. La commune doit dégager un fonds spécial pour la circonstance. Le même raisonnement s’applique à Djerba qui peut profiter au maximum de l’Open Sky. »

Etes-vous optimiste quant aux bienfaits de l’Open Sky ? Le Directeur général d’Andalucia Beach Hotel suspend la réussite de l’ouverture du ciel au nombre de fréquence que réaliseront les compagnies low cost à destination de la Tunisie. Mais, je suis intimement persuadé qu’il va y avoir de l’engouement. En tout cas, René Trabelsi, en homme avisé, sait comment s’y prendre. »

Chahir CHAKROUN
Tunis-Hebdo du 25/11/2019

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