Mon pays-monde : Salut au drapeau, le jour de ses 192 ans

Mon pays-monde : Salut au drapeau, le jour de ses 192 ans

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Je suis Tunisien.

J’ai une généalogie de commerçants. Je suis l’Orient et l’Occident. Je parle arabe et français. Au souk, je parle russe et japonais et s’il faut apprendre le turc et le chinois, je le ferais assurément.

Je suis Tunisien. Mon âme est métisse, parfois siamoise et je suis ainsi, un et toujours pluriel. Mais le jour où j’oublierai cette diversité, je perdrai mon histoire et ma géographie.

Je suis Tunisien dans un pays-monde et je récuse les races pures et les religions supérieures. Je suis creuset méditerranéen, un peu Byzantin et un brin Andalou. Je suis musulman vendredi, juif samedi et chrétien dimanche.

Mon pays est une île entre la mer et le désert.

Je suis Tunisien et mon drapeau flotte depuis bientôt deux siècles. Je ne suis ni Arabe ni Berbère ni Africain ni Méditerranéen ni Européen. Je suis tout cela à la fois dans mon pays-monde.

Mes horizons sont atlantiques et pacifiques. Je scrute les pays du Soleil levant et du Matin calme. Je vis aussi au pays de l’érable et du Mississippi. Beaucoup de mes frères et soeurs ont choisi Israël et d’autres, venus du Congo ou du Sénégal, sont mes voisins.

Je suis Tunisien et mes filles et fils ont le polonais, le finnois, le néerlandais ou le zoulou pour langue maternelle.

Je suis Tunisien, un et pluriel, de l’épicerie de mon quartier au fin fond de l’Australie.

Je suis Tunisien, je suis la différence et l’unité. Mes identités sont multiples et au nom de mon ipséité, j’embrasse le monde par son nom.

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