La légende de « Lady Elyssa », fondatrice de Carthage

La légende de « Lady Elyssa », fondatrice de Carthage

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Dans quelques jours, la galerie Elyssa Artisanat à Mutuelleville accueillera une grande exposition intitulée « Lady Elyssa ».

Cette collection est l’œuvre de l’artiste Olga Malakhova qui revient sur les traces de la fondatrice mythique de Carthage.

L’exposition aura lieu à partir du 11 octobre et permettra au public des arts de retrouver une lecture plastique inédite de la fondation de Carthage.

À cette occasion, il peut paraître utile de revenir sur le personnage de Didon/Elyssa en relisant cette notice exhaustive.

La reine de Carthage

« Didon (en latin Dido) ou Elyssa, Elysha, est, dans la mythologie grecque et romaine, la fondatrice légendaire et première reine de Carthage. Elle était la fille de Bélos et la sœur du roi de Tyr Pygmalion. Arrivée sur les côtes d’Afrique du Nord, elle se serait immolée par le feu pour ne pas avoir à épouser le souverain des lieux, Hiarbas.

La fuite de Tyr

Didon était une princesse phénicienne, première-née du roi de Tyr, dont la succession est entravée par son frère Pygmalion. Pygmalion avait assassiné le mari de Didon, qui était également son oncle, Sychée, et impose sa propre tyrannie.

Pour éviter probablement une guerre civile, elle quitte Tyr avec une suite nombreuse, s’embarquant pour un long voyage dont l’étape principale fut l’île de Chypre. À Chypre, l’escadre embarque des jeunes filles destinées à épouser les membres masculins de l’expédition.

La peau de bœuf

Débarquée sur les côtes de l’actuelle Tunisie, vers 814 av. J.-C., elle choisit un endroit où fonder une nouvelle capitale pour le peuple phénicien : Carthage. Elle obtient pacifiquement des terres par un accord ingénieux avec le seigneur local : elle obtint une terre pour s’établir « autant qu’il en pourrait tenir dans la peau d’un bœuf ».

 

Elle choisit alors pour fonder sa ville une péninsule qui s’avançait dans la mer et fait découper une peau de bœuf en lanières extrêmement fines. Mises bout à bout, elles délimitent l’emplacement de ce qui deviendra plus tard la grande Carthage.

On fait souvent référence à ce stratagème en mathématiques, dans le domaine qui étudie les problèmes d’isopérimétrie. Soumise à une cour pressante de la part des roitelets locaux, elle se remarie probablement avec l’un de ses fidèles tyriens, qui appartenait à la famille Barca, selon Silius Italicus.

Un bûcher mythique

Les autres sources présentent différemment les choses : pour ne pas avoir à trahir son serment de fidélité envers son défunt époux, elle se perce le cœur et se jette dans un bûcher prétendument dédié aux mânes de ce dernier.

 

C’est à la suite de cet acte que son nom deviendra « Didon », qui signifie « femme courageuse ». Elle est divinisée par son peuple sous le nom de Tanit et comme personnification de la grande déesse Astarté (équivalent de la Junon romaine)

Virgile, Enée et Didon

Le mythe de Didon a été repris par Virgile dans son œuvre, l’Énéide. Le mythe a fait l’objet de nombreuses utilisations dans les arts, musique, peinture, sculpture, etc.

L’une des sources du mythe de Didon vient des chants de l’Énéide où le poète latin Virgile décrit les amours de Didon et Énée.

Énée s’enfuit avec son père Anchise, son fils Ascagne et vingt bateaux remplis des survivants à la chute de Troie (réduits au nombre de trois à l’arrivée). Les dieux de l’Olympe lui ayant prédit qu’il fonderait un nouveau royaume, en l’occurrence Rome, il atteint au cours de son périple le sol d’Afrique, dans la région de l’actuelle Tunis où il est accueilli par la reine de Carthage, Didon.

Une grande passion naît alors entre eux mais se voit interrompue par les dieux de l’Olympe qui rappellent au héros troyen sa destinée.

Lorsqu’Énée quitte Carthage, Didon, incapable de supporter cet abandon, préfère se donner la mort avec une épée qu’Énée lui avait laissée. Quand ce dernier arrive aux Enfers, il parlera à son fantôme mais celle-ci refusera de lui pardonner son départ. C’est aussi comme fantôme que Didon fait part à sa sœur, Anna Perenna, de la jalousie de Lavinia, la femme d’Énée.

Virgile introduit la figure de Didon dans la « culture occidentale » selon un système de « double écriture » dont le premier niveau superficiel est prévu pour l’audience romaine et les besoins d’Auguste alors que la seconde, plus profonde et cachée, reflète le point de vue de l’auteur et sa reconstruction historique.

La tête de taureau

Maintenant quel est le rapport entre Didon et la tête de taureau ? Eh bien, en creusant la terre pour la fondation de Carthage, les Tyriens ont trouvé un crâne de taureau qui symbolise pour eux des temps durs et des guerres. Alors Elyssa leur ordonna de l’enterrer et de creuser l’autre flanc de la colline où ils ont trouvé le crane d’un cheval, un porte bonheur des Phénicien.

Le bon présage est que Carthage fut une grande métropole. Le mauvais présage est qu’elle eut des temps difficiles lors des guerres puniques et fut détruite par Rome ».

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