S’entretuer pour que triomphent les islamistes

S’entretuer pour que triomphent les islamistes

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J’ai aujourd’hui une pensée pour Ben Ali. Je sais que c’est son anniversaire, je ne sais pas quel âge il a. Je sais aussi qu’aujourd’hui, c’est un homme seul, isolé. Je sais également qu’il est un homme riche qui est riche aussi de ce qu’il a volé au peuple tunisien avec la complicité de sa femme et des prédateurs qui les entouraient.

Un jour, l’histoire établira le bilan de son long règne. Il y a du négatif et aussi beaucoup de positif. Je ne suis nostalgique de rien à son propos. Je constate seulement que ce sont toujours les vainqueurs qui écrivent l’histoire. Comme Bourguiba avait occulté les beys, la Révolution efface Ben Ali et bis repetita…

J’en veux à Ben Ali car son avidité nous a précipité dans le gouffre islamiste. Les islamistes se sont emparés de notre pays, ont volé une révolution et s’apprêtent à nous écraser.

Une bande de parvenus et d’arrivistes fait actuellement campagne pour des satisfactions narcissiques et sans autre programme que s’entretuer pour que triomphent les islamistes. Bien sûr, quelques esprits éclairés tentent de se faire entendre dans cette jungle. C’est cela aussi le cadeau empoisonné de Ben Ali dont la chute nous a entraînés dans cette catastrophe morale où des éclats de dictateurs se battent pour une illusion.

Il doit se gausser de nous, ce soir, en soufflant les bougies de son gâteau d’anniversaire. Nous autres, incapables et bavards, rancuniers et névrosés, paumés et agressifs. Il doit rire sous cape en sifflant son whisky en terre sainte plusieurs fois souillée par les émirs décadents. Quant à Bourguiba, il doit se retourner dans sa tombe comme une toupie ou un derviche dansant.

Et nous ? Nous regardons tourner le manège, nous nous réfugions dans l’alcool pour certains, dans l’illusion démocratique pour d’autres et aussi entre les mains du seigneur pour ceux qui ont la foi et sont révulsés par la mainmise islamiste y compris sur Dieu.

Je me tais pour aujourd’hui mais j’ai le cœur comme la Medjerda en crue. Et l’autre chante « Happy Birthday ». Et les autres tirent sur les gardes nationaux. Et les autres attendent le grand soir. Et les autres se bousculent, dérisoires et minables, au portillon de la magistrature châtrée. Et moi dans mon coin, je vous parle et vous raconte la chronique d’un effondrement.

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