Les poulains trop pressés et si peu reconnaissants de BCE

Les poulains trop pressés et si peu reconnaissants de BCE

Par -

Nous avons, ces derniers jours, été très nombreux à évoquer l’héritage du président défunt Béji Caid Essebsi.

Les uns ont évoqué son dernier message qui a consisté à ne pas signer, « contre ses convictions », les amendements à la loi électorale.

Les autres ont souligné la nécessité d’aller jusqu’au bout de ses intentions en ce qui concerne la proposition de loi sur l’égalité dans l’héritage.

Si la première question ne se pose plus, puisque ces amendements sont désormais caducs, la seconde reste relativement épineuse et devrait se reposer aussi bien dans les manifestes électoraux à venir que lors de la célébration du 13 août.

Cette année, la commémoration officielle de cette date qui est celle de la promulgation du Code du Statut personnel sera-t-elle timide, expédiée comme les affaires courantes ? Ou bien verrons-nous les représentants de l’Etat donner tout son faste à cette cérémonie ?

Les uns et les autres, étant en campagne électorale avant terme, nous montreront leur manière de récupérer ou prendre leurs distances par rapport à l’héritage de BCE.

Un troisième point de cet héritage multiforme n’a pas été véritablement évoqué. Il s’agit de la pléthore de poulains de l’ancien président qui volent aujourd’hui de leurs propres ailes.

Tous pressés et peu reconnaissants, ils se sont éloignés de BCE, le trahissant pour les uns et ruminant leur colère pour d’autres.

Pourtant c’est bien BCE qui a propulsé cette génération qui comprend aussi bien Youssef Chahed ou Mohsen Marzouk.

Leur défection à ces protégés de BCE passés de l’autre côté, a d’ailleurs pesé lourd dans la gestion de la dernière législature.

Car la politique du consensus aurait été tout autre et aurait certainement évolué différemment sans ces défections qui ont rogné la marge de manœuvre de BCE et provoqué le délitement progressif de son parti.

Que les uns et les autres aient commis des erreurs d’appréciation, que les islamistes d’Ennahdha aient effectué un travail de sape qui a porté ses fruits, sont des faits incontestables.

Toutefois, tout cela est à mettre au débit de BCE et de ceux qui ont été trop pressés de lui tourner le dos.

A l’heure où commencent bientôt les campagnes électorales, il est bon de rappeler que la reconnaissance n’a pas été le fort de beaucoup de poulains de BCE qui semblent avoir trouvé en la trahison politique une voie moins ardue et plus passante vers le pouvoir.

Commentaires:

Lisez Aussi Sur Webdo