Dans l’amour du pays natal : Repose en paix, Antonina !

Dans l’amour du pays natal : Repose en paix, Antonina !

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CP : Rais67

C’est sur un message de mon amie Sandra Zappulla que j’ai commencé cette journée. Elle m’y annonçait qu’elle se trouvait à Lausanne, en Suisse, pour y enterrer sa tante, aujourd’hui dans l’après-midi.

Comme moi, comme Sandra, Antonina est née en Tunisie et a quitté son pays au début des années soixante.

Pourtant, elle y est revenue chaque été depuis. Pour retrouver la chaleur des familles italiennes réunies l’été à Salammbô. Pour revivre ces instants fragiles quand, au loin, le Bou Kornine se nimbe de brume dans la fraîcheur vespérale. Ou, plus simplement, parce que « son coeur vivait toujours pour Tunis » comme l’écrit sa nièce.

Aujourd’hui, c’est Antonina qu’on enterre et partiront avec elle beaucoup d’éclats de vie, de souvenirs et d’histoires.

Nous sommes nombreux sur les deux rives de la Méditerranée et à travers tous les continents à avoir la Tunisie en partage.

Ce pays a été notre berceau à tous, notre terre natale, celle qui est une et unique, à l’image d’une mère.

Nous sommes toutes et tous – celles et ceux d’une génération qui prend de l’âge – à l’instar d’Antonina. Nous baignons dans certaines nostalgies. Nous cultivons parfois le regret de cette séparation qui nous a éparpillés. Et assurément, nous nous reconnaissons là où nous sommes ou bien là où nous nous retrouvons.

Au fond, autant que nous sommes, nous nous sommes tant aimés et ne nous sommes jamais quittés.

Bien sûr, parfois les ruptures furent douloureuses mais si le temps les a cicatrisées, l’oubli n’a jamais emporté rêves, joie et ardeur du soleil.

J’écris ces mots en pensant à l’amie Sandra qui, ce matin, m’écrivait : « Je voulais que tu saches que dans l’hommage que je lui rendrai tout à l’heure, je lirai un extrait de ton livre « Moi aussi je me souviens ». Je citerai la source de ce texte. Je te citerai. Tu seras un peu avec nous, toi le fils du pays ».

Repose en paix, Antonina, dans le souvenir du pays natal et l’affection des familles.
J’aurai moi aussi une pensée pour les Zappulla et les leurs. Et deux fois plutôt qu’une.
Les hasards de la vie font que ce soir, je suis invité à un échange avec un groupe de jeunes catholiques actuellement en visite d’études en Tunisie.

Nous nous retrouverons en l’église Jeanne d’Arc, autour du père Nicolas, après qu’ils ait célébré la messe.

Je leur parlerai aussi d’Antonina dont je soupçonne que les obsèques si elles avaient eu lieu en Tunisie, se seraient déroulées en cette église.

Je leur demanderai une pensée, une minute de silence et une prière. Ainsi, nous serons de nouveau ensemble et, moi aussi, je citerai le nom de Sandra et celui de sa défunte tante Antonina.

Pour que vous tous soyez un peu avec nous, vous les Zappulla, fils et filles du pays.
Et vous tous aussi, les Cottone, Santonocitto, Mineo, Spina, Palermo, Checca et tous les autres qui êtes une composante essentielle de notre pays commun.
Repose en paix, Antonina, nous ne t’oublierons pas…

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