Nostalgies tunisoises : Il était une fois les fleuristes de l’Avenue

Nostalgies tunisoises : Il était une fois les fleuristes de l’Avenue

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Et pourtant, ils étaient là depuis toujours! Cette photo qui date des années 1950 nous rappelle que les fleuristes de la capitale ont longtemps siégé sur l’avenue Bourguiba.

Il n’y a pas si longtemps qu’ils ont été délogés de leur bastion historique pour être déplacés à l’autre bout de l’avenue, au-delà du viaduc, près de la gare du TGM.

Ces fleuristes ont à toutes époques donné ses ambiances à l’avenue Bourguiba. Avec leurs baraques multicolores, les fleurs sur les présentoirs et leur gouaille bien de chez nous, ils étaient incontournables.

En ce temps, rares étaient ceux qui allaient chez Inter Flora dont la boutique se trouvait rue de Grèce, en face du Théâtre, ou encore chez Ridha Fleurs, avenue de Paris.

C’étaient plutôt les fleuristes de l’Avenue qui avaient les faveurs du public même si, en été, leur activité occasionnait quelques tracas.

En effet, ils n’hésitaient pas à asperger les pavés à grande eau, décoraient les voitures de mariés à même l’allée centrale au mépris des passants et ne se gênaient pas pour piquer un somme à l’ombre des ficus.

Mais que voulez-vous, tout cela faisait partie de notre folklore bien compris. Entre taxis en stationnement, fleuristes et passants, c’était toujours l’entente cordiale. Mais au fond, chacun y trouvait son compte.

Quant à l’avenue en ce temps pas si lointain, elle avait une tout autre gueule avec les étourneaux qui volaient dans le ciel et squattaient les ficus, avec aussi les trois kiosques qui vendaient livres et journaux et qui ont aussi été déplacés vers les « confins » de l’avenue.

Dans ce Tunis, quelques cabines téléphoniques et deux ou trois débiteurs de tabac se trouvaient aussi sur cette allée centrale qui allait connaître une rénovation en profondeur qui emportera deux rangées de ficus, une vingtaine de fleuristes, trois kiosques et tout le reste y compris un peu de notre art de vivre.

De nos jours, l’avenue Bourguiba a bien changé. Plus aucun cinéma sinon Le Palace et le Parnasse mais de nouveaux lampadaires pour éclairer l’obscurantisme triomphant.

En fait, il n’y a plus d’allée centrale puisque désormais, chaque semaine, ce sont de nouveaux locataires qui remplacent les fleuristes. Des tentes fleurissent ainsi à longueur d’année et des estrades aussi. Mais des fleurs, il n’y en a point.

Restent quelques photos rutilantes de couleurs ou bien aussi sobre que ce cliché que nous vous montrons aujourd’hui.

Restent aussi les mille et uns visages d’une avenue qui a tout vécu et tout vu, depuis les courses de garçons de café aux défilés de têtes couronnées en passant même par une révolution.

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