Est-ce raisonnable ? Si nous continuons ainsi, l’eau viendra bientôt à manquer

Est-ce raisonnable ? Si nous continuons ainsi, l’eau viendra bientôt à manquer

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Loin de moi l’intention de donner des leçons ou induire que je pourrais avoir raison contre la majorité d’entre nous.

Pourtant, il n’est pas nécessaire de faire un dessin pour se convaincre que la Tunisie est en situation de stress hydrique.

L’eau est une denrée rare, précieuse, inestimable même. Pourtant, le fait qu’elle n’est pas vendue au prix où elle devrait l’être entraîne des comportements inacceptables.

Nous gaspillons le pain et cela, nous le savons et on ne cesse de nous le répéter pour nous ouvrir les yeux.

Dans le même ordre d’idées, nous gaspillons l’eau de manière déraisonnable ans nous soucier des conséquences.

On dirait, cinquante ans seulement après la généralisation de l’eau courante dans les foyers urbains, que nous n’accordons plus sa juste valeur à cette eau si précieuse.

Le gaspillage prend des ampleurs inédites et catastrophiques. Malgré la sensibilisation, tout le monde s’en fiche éperdument et gaspille à tout va.

Alors que dans des pays autrement plus dotés que nous en ce qui concerne cette ressource, on économise l’eau et on y fait attention, chez nous, c’est le règne d’une abondance factice qui nous aveugle.

Que faire devant cette incurie qui, à mon sens, est la pire des plaies et un tombeau que nous creusons chaque jour ? Comment ramener les Tunisiens à la raison en ce qui concerne l’eau ? Pourquoi les politiques n’en parlent jamais comme si c’était le cadet de nos soucis ?

Parfois les chiffres et les réalités donnent le vertige. Ainsi, la nappe phréatique de la région de Mornag commence à se saliniser.

A Sbiba, pour arroser les pommes, il faut aller chercher l’eau à 108 mètres alors qu’elle était il y a peu disponible à seulement 18 mètres de la surface.

En Tunisie, selon des sources sûres, 8600 puits non autorisés pompent de l’eau et le font, qui plus est, en se raccordant illégalement au réseau de la STEG.

Nous pourrions multiplier les exemples. Tous vont dans le même sens, celui de la gabegie la plus totale.

Jusqu’à quand ceci pourra-t-il durer ? Je ne sais et à la veille des chaleurs estivales, de nouveaux pics de consommation devraient être connus.

Que faire ? D’abord prendre véritablement conscience et ensuite défendre cette cause nationale de l’eau.

En Tunisie, l’écologie reste à la traîne et les politiques semblent n’avoir qu’une vague idée de ses enjeux. Pire, c’est un secteur qui ne les intéresse pas.

Pour eux, comme pour nous tous, le réveil risque d’être brutal si nous ne changeons pas de comportement en matière de gaspillage de l’eau.

Car si le manège actuel continue, nous risquons d’avoir soif et notre agriculture qui relève la tête risque de souffrir à court terme.

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