Nostalgies tunisoises : Microsillons, vinyles, disques pop et boîtes à musique

Nostalgies tunisoises : Microsillons, vinyles, disques pop et boîtes à musique

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Il semble lointain le temps où les disques étaient d’une rareté incroyable. Hormis la radio, il était en effet très difficile de se procurer des disques neufs et récents dans le Tunis des années 1970.

De cette époque, je garde la mémoire de quelques magasins qui vendaient des disques et attiraient les ados comme le miel le ferait pour des mouches.

Il y avait alors la Société tunisienne de Diffusion à l’avenue de Carthage avec ses bacs de disques garnis de 33 tours un peu vieillots et rarement à la page. Il faut dire toutefois que quelques mémorables pépites étaient parfois égarées dans les rayons. C’est chez ce disquaire que j’ai par exemple découvert The Faces, Jefferson Airplane et d’autres groupes rock comme Yes ou Spooky Tooth.

Un peu plus loin au Palmarium, un marchand de disques se nichait en bas des marches qui menaient au Brasilia Café. Une minuscule boutique qui avait pourtant ses clients fidèles.
Avenue de Paris, le disquaire Khiari est celui qui a le plus duré avec un patron connaisseur des tendances en cours et aussi un lot de trésors remarquable.

C’était surtout au Colisée que se cantonnaient les disquaires. Il était trois et se trouvaient non loin de la Rotonde et du cinéma.

Le premier et le plus connu par les amateurs de pop a pour nom Fathi Ben Sedrine. Chez lui, on trouvait toutes les nouveautés et beaucoup d’albums. Très à la page, Ben Sedrine accueillait les plus branchés des mélomanes. Son magasin se trouvait au niveau de l’actuelle pharmacie de nuit.

Le second n’est autre que le fameux Montassar Ayachi. Non loin de la Bijouterie Cordina, dans une minuscule échoppe toute en longueur, il avait apporté une brise made in USA grâce à un parent qui, vivant aux Etats-Unis, le fournissait en disques neufs des plus récents.

Ayant aussi ses contacts dans l’Hexagone, Montassar était vite devenu le roi du 45 tours et celui par lequel le hit parade se matérialisait sur un plateau.

De nos jours, Montassar Ayachi officie au Plaza Corniche de la Marsa et se remémore de ses années vinyles au Colisée.

Le troisième disquaire avait sa porte jouxtant les marches du cinéma et faisait pendant au photographe Guyse. C’était chez lui qu’on allait le moins, allez savoir pourquoi.

Hormis ces quelques enseignes, le Monoprix et le Magasin général avaient aussi des rayons de disques neufs mais pas vraiment quoi se mettre de moderne sous la dent.

Il restait alors les revendeurs d’occasion. Il y en avait un ou deux du côté de l’avenue de Madrid et de Lafayette. Mais ils se trouvaient surtout à la rue Zarkoun ou bien à la rue d’Angleterre.

Chez eux, on trouvait de tout et, Faouzi Hedhili, dans sa bouquinerie de la rue d’Angleterre continue à proposer des disques rares et précieux.

Bien sûr, on pouvait toujours se rabattre sur la radio et les enregistrements sur cassette ou bande magnétique mais, au fond, rien ne valait un bon disque – même rayé – qu’on écoutait en boucle sur un Teppaz.

Sinon, l’unique juke box de Tunis qui se trouvait à la Rotonde pouvait lui aussi offrir ses services qui, quoique fanés et limités, ont fait danser plus d’une génération.

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