Cabaret tunisois des années trente : Qui se souvient encore du Tabarin...

Cabaret tunisois des années trente : Qui se souvient encore du Tabarin ?

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Dans les années trente, les nuits de Tunis pouvaient compter sur le Tabarin, un cabaret des années folles et haut-lieu de la fête.

Le Tabarin tire son nom d’un lieu similaire qui se trouvait à Paris. Créé à la rue Pigalle de joyeuse mémoire, ce cabaret date des années 1895.

A l’origine, les chansonniers s’y retrouvaient à l’enseigne des Tréteaux de Tabarin. Toutefois, l’aventure ne durera que quelques années.

A sa fermeture, un nouvel espace allait voir le jour en 1904 et lui emprunter son nom. Ce sera le Bal Tabarin créé par Auguste Bosc, une institution qui deviendra vite incontournable et ne disparaîtra qu’en 1966.

Ce Tabarin parisien est resté dans l’histoire comme une salle de revue qui, un temps, palliera l’incendie du Moulin Rouge et sera le havre des artistes des années cinquante.

Réputé, le bal Tabarin sera imité à Tunis avec une initiative qui reste difficile à retracer. Une enseigne au même nom ouvrira ses portes et tournait à plein régime au milieu des années trente.

Ce Tabarin de Tunis se trouvait au centre-ville mais il est difficile à retrouver. De rares placards publicitaires le mentionnent sans donner d’adresse.

Dans le journal La Dépêche Tunisienne de mai 1935, on y annonce des matinées à 17h30 et qu’il est ouvert toute la nuit.

Le programme semble en tous cas alléchant avec Trois Diamants noirs qui chantent et dansent, les danses originales de la Chinoise Tu Taun Tu, les chants et danses espagnoles des Deux Folchs et le Duo Nilsson-Rita Alla. De quoi rameuter le public !

Il n’en reste pas moins que pour le moment, le Tabarin semble disparu des radars. Nos lecteurs le connaîtraient-ils? Savaient-ils où il pouvait bien se trouver ?

On en est réduit à des hypothèses. La première, selon laquelle le Tabarin se trouvait sur l’emplacement du Colisée, ne tient pas la route. En effet, le Colisée a été construit en 1931 par Guiseppe Canino alors que le Tabarin existait encore en 1937.

Toutefois, le Tabarin pouvait se trouver au Colisée même. Cela pourrait être l’ancien nom du Kilt ou du Crazy Horse, voire de l’Ermitage (actuel Monseigneur) qui se trouvait dans le même bloc.

Tout est possible car le Tabarin aurait aussi pu se trouver à l’emplacement de la Brasserie suisse, au coin de la rue de Marseille. Ainsi, il ressemblerait à s’y méprendre au Tabarin parisien qui lui aussi fait l’angle d’une rue.

Evidemment, le Tabarin pouvait se trouver tout à fait ailleurs voire constituer le nom ancien d’un cabaret tunisois de ceux que nous avons connu à l’instar des Champs Elysées, de la Potinière ou de la Forestière.

Pour l’heure, il reste difficile de retrouver cette trace mais je suis certain que nos lecteurs auront aussi leur mot à dire.

En attendant, soulignons que le terme « Tabarin » désigne un bateleur qui dans la tradition française se produisait en plein air. Par extension, le terme a fini par désigner un cabaret ou un endroit où l’on danse comme une salle de bal.

On va au tabarin comme on peut aller au bistrot ou l’estaminet du coin. D’ailleurs, le Tabarin est toujours présent à Paris puisqu’un restaurant de la Bastille porte encore ce nom issu d’une longue tradition.

Nos lecteurs sauront-ils nous aider à retrouver ce cabaret tunisois des années trente? Le défi est lancé !

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