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Cannes 2019 – Sans surprise, la Palme d’Or revient à « Parasite » du coréen Bong Joon-Ho

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Cannes 2019 - Le réalisateur coréen Bong Joon-Ho et le président du Jury Alejandro Gonzalez Iñarritu
Le réalisateur coréen Bong Joon-Ho, sa Palme d’Or, et le président du Jury Alejandro Gonzalez Iñarritu (Photo VALERY HACHE / AFP)

 

La 72eme édition du Festival de Cannes s’est achevée hier soir.

Douze jours de projections et d’événements divers, une édition très riche. Vingt et un films en compétition officielle, la majorité de très grande qualité.

Pendant ces douze jours, on a beaucoup parlé films, stars, et surtout pronostics. Quel est le film qui remportera la Palme d’Or?

Les premiers jours, le film espagnol Douleur et Gloire de Pedro Almodovar, avec dans les principaux rôles Antonio Banderas et Pénélope Cruz, était le favori incontesté, et puis il a du subir la concurrence du film coréen Parasite de Bong Joon Ho, jusqu’à ce que l’avant dernier jour, après la projection du film palestinien It must be heaven d’Elia Suleiman, la tendance a changé, certains qualifiant ce long métrage de pépite d’or.

Sans oublier bien sûr les films Sorry we missed you de Ken Loach, et One upon a time… in Hollywood de Quentin Tarantino, bien que pour le premier certains ont trouvé que le sujet de l’injustice sociale et des travailleurs qui peinent à longueur de journée sans espoir d’améliorer leur situation est un peu épuisé et que le réalisateur devrait se renouveler un peu et pour le second qu’il est loin d’être à la hauteur des précédents films du même réalisateur.

Le film Une vie cachée de Terence Malick avait aussi ses chances, certains le trouvant magnifique, avec de très belles images et énormément de poésie, d’autres lui reprochant sa lenteur.

Le jury, composé de Kelly Reichardt, Elle Fanning, Maimouna N’Diaye, Alice Rohrwacher, Enki Bilal, Robin Campillo, Yorgos Lanthimos et Paweł Pawlikowski et présidé par Alejandro González Iñárritu a quant à lui fini par trancher et à livrer son palmarès lors de la cérémonie de clôture qui s’est déroulée au Grand Théâtre Lumière :

LONGS MÉTRAGES

PALME D’OR : GISAENGCHUNG (Parasite) réalisé par BONG Joon-Ho
La Palme d’or a été remise par Catherine Deneuve et Alejandro González Iñárritu.

GRAND PRIX : ATLANTIQUE réalisé par Mati DIOP
Le Grand Prix a été remis par Sylvester Stallone.

PRIX DE LA MISE EN SCÈNE : LE JEUNE AHMED réalisé par Jean-Pierre & Luc DARDENNE
Le Prix de la Mise en Scène a été remis par Viggo Mortensen.

PRIX DU JURY :

Les Prix du Jury ont été remis par Michael Moore.

PRIX D’INTERPRÉTATION MASCULINE : Antonio BANDERAS dans DOLOR Y GLORIA réalisé par Pedro ALMODÓVAR.
Le Prix d’interprétation masculine a été remis par Zhang Ziyi.

PRIX D’INTERPRÉTATION FÉMININE : Emily BEECHAM dans LITTLE JOE réalisé par Jessica HAUSNER.
Le Prix d’interprétation féminine a été remis par Reda Kateb.

PRIX DU SCÉNARIO : Céline SCIAMMA pour PORTRAIT DE LA JEUNE FILLE EN FEU
Le Prix du Scénario a été remis par Gael García Bernal.

MENTION SPÉCIALE À Elia SULEIMAN pour IT MUST BE HEAVEN
La mention spéciale a été remise par l’actrice Chiara Mastroianni

L'acteur Antonio Banderas récompensé pour sa performance dans Douleur et Gloire par l'actrice chinoise Zhang Ziyi CHRISTOPHE SIMON / AFP
L’acteur Antonio Banderas récompensé pour sa performance dans Douleur et Gloire par l’actrice chinoise Zhang Ziyi (Photo CHRISTOPHE SIMON / AFP)

COURTS MÉTRAGES

PALME D’OR : THE DISTANCE BETWEEN US AND THE SKY réalisé par Vasilis KEKATOS

MENTION SPÉCIALE DU JURY : MONSTRUO DIOS réalisé par Agustina SAN MARTÍN

La Palme d’or et la mention spéciale du Jury pour les Courts Métrages ont été remis par la Présidente du Jury des Courts Métrages et de la Cinéfondation, Claire Denis et par Nadine Labaki, Présidente du Jury Un Certain Regard.

Ladj Ly (au centre) reçoit le Prix du Jury pour Les Misérables, ex-aequo avec les brésiliens Juliano Dormelles et Kleber Mendonça pour Bacurau VALERY HACHE / AFP
Ladj Ly (au centre) reçoit le Prix du Jury pour Les Misérables, ex-aequo avec les brésiliens Juliano Dormelles et Kleber Mendonça pour Bacurau  (Photo VALERY HACHE / AFP)

 

Dommage pour Elia Suleiman qui n’a eu qu’une mention spéciale ! Il est à noter que dans l’après midi même, il avait remporté le Prix FIPRESCI.

Le très beau film Les misérables a vraiment mérité son prix. Un film très fort, qui interpelle sur la condition des jeunes dans les banlieues françaises. A part la citation de Victor Hugo « Il n’y a ni mauvaises herbes ni mauvais hommes. Il n’y a que de mauvais cultivateurs », il n’y aucun lien avec le roman de cet auteur, sauf qu’on pourrait dire que les années et même les siècles passent et les misérables sont encore là, et que les Cosette et Gavroche existent encore de nos jours !

Une grande déception et même incompréhension face à ce palmarès : le prix du jury ex-aequo pour le film brésilien Bacurau. Lors de la projection, les spectateurs quittaient la salle tellement le film était mauvais. Scénario incompréhensible, des acteurs médiocres… Il était déjà étonnant que ce film ait été sélectionné à Cannes, mais de là à ce qu’il puisse avoir un prix !!!! Et ex-aequo avec un aussi beau film que Les Misérables, c’est vraiment étonnant et même choquant !

Une question aussi, est-ce que Emily BEECHAM méritait vraiment son prix de meilleure interprétation féminine ? Probablement. Mais c’est le film Little Joe qui est décevant. Un film qui part avec une idée très intéressante : les risques liés aux manipulations génétiques, mais qui ensuite s’enlise dans des répétitions sans fin et qui ne sait pas où il veut aller. C’est vraiment dommage.

Pour conclure, comme l’a si bien dit Edouard Baer, maître de cérémonie de cette soirée de clôture, pendant douze jours, il y a eu des discussions, des engueulades, des batailles, des disputes, des commentaires, des avis divergents à propos des films programmés au 72eme Festival de Cannes, les prochains jours, on aura les mêmes discussions, les mêmes engueulades, les mêmes batailles, les mêmes disputes, les mêmes commentaires, et encore des avis divergents à propos des divers palmarès de cette même édition !

Et c’est tant mieux, c’est ainsi que le cinéma reste vivant et que les spectateurs, qu’ils soient professionnels ou profanes, s’y intéressent et l’aiment!

Neïla Driss

Festival de Cannes 2019

 

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