Accusé d’espionnage par la Tunisie : L’expert onusien Moncef Kartas libéré

Accusé d’espionnage par la Tunisie : L’expert onusien Moncef Kartas libéré

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Moncef Kartas

L’expert des Nations Unies, Moncef Kartas a été libéré ce mardi 21 mai 2019 suite à la décision de la chambre d’accusation auprès du tribunal de Tunis. C’est son avocat Mohamed Ben Brahem qui conforme l’information dans des déclarations médiatiques.

Rappelons-le, l’arrestation de cet expert onusien, qui remonte à fin mars dernier, est justifiée par son éventuelle implication dans la divulgation de données sécuritaires sur la lutte antiterroriste en Tunisie et dans un réseau d’espionnage.

Hier lundi 20 mai, son avocat avait mis en garde contre la poursuite de sa mise en détention « sans preuves solides et cohérentes » et le rejet de l’immunité internationale dont il bénéficie. Il a estimé qu’il s’agit d’ « une arrestation abusive et illégale qui aura des répercussions désastreuses pour la Tunisie ».

Il a ajouté que Kartas avait déjà soumis au parquet son autobiographie et un ensemble de documents prouvant qu’il était un expert des Nations Unies chargé d’enquêter sur les armes en Libye.

Immunité diplomatique

Parmi ces documents, une correspondance des Nations Unies à l’Etat tunisien confirmant que Kartas est un expert international exerçant ses fonctions dans en Libye et dans divers pays du monde et bénéficiant de l’immunité dans les pays appartenant aux Nations Unies, y compris l’Etat tunisien.

Il est à rappeler qu’après son arrestation, Moncef Kartas (ainsi qu’une autre personne) avait comparu devant le ministère publicLes deux personnes ont fait l’objet d’un mandat d’arrêt émis le 11 avril 2019, par le tribunal antiterroriste.

L’ONU avait appelé la Tunisie « à abandonner les accusations » d’espionnage portées contre lui. Il « doit être libéré immédiatement », a affirmé le porte-parole du secrétaire général des Nations unies, Stéphane Dujarric. Lors de son point-presse quotidien, Stéphane Dujarric a révélé que les documents judiciaires remis par la Tunisie à l’ONU concernant cette affaire ont été étudiés par les Nations unies et ont conclu au fait que l’immunité diplomatique octroyée par l’Organisation à l’expert tuniso-allemand restait valide.

En conséquence, l’Organisation réclame que les « accusations portées contre lui soient abandonnées » et qu’il soit « relâché immédiatement », a insisté Stéphane Dujarric.

Le ministère de l’Intérieur avait publié un communiqué, vendredi 29 mars 2019, dans lequel il annonce, rappelons-le, avoir démantelé un réseau d’espionnage. Dans ce communiqué, le ministère de l’Intérieur, indique avoir ouvert une enquête sur ce réseau en 2018 ayant permis l’arrestation de deux Tunisiens soupçonnés d’espionnage, le mardi 26 mars 2019, après autorisation du ministère public et du Tribunal de Première Instance de Tunis.

Les deux personnes arrêtées sont accusés de « collaboration avec des parties étrangères », indique le département de l’intérieur, ajoutant que la saisie de documents a permis de découvrir des informations classées confidentielles sur des équipements de pointe de brouillage et d’interception de communications et pouvant porter atteinte à la sécurité nationale.

Moncef Kartas, diplomate de l’ONU acueilli à l’aéroport

Dans cet ordre d’idées, l’arrestation de Moncef Kartas, un fonctionnaire de l’ONU chargé d’enquêter sur les violations de l’embargo sur les armes frappant la Libye semblait être liée à celle du réseau d’espionnage démantelé, mais l’information reste à confirmer et est remise en doute après sa libération.

Interpellé en compagnie d’une deuxième personne, ils ont été conduits à la Brigade d’El Gorjani.  Un porte-parole de l’ONU à précisé à l’AFP, que Moncef Kartas, a été arrêté à son arrivée à Tunis alors qu’il bénéficiait d’une immunité diplomatique en tant qu’expert mandaté par l’ONU.

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