Gauche tunisienne : L’unité ou l’implosion

Gauche tunisienne : L’unité ou l’implosion

Par - Tunis-Hebdo

La gauche tunisienne est au-devant d’un défi historique, à la fois pour sa propre survie que pour l’avenir du pays et son devenir.

La grande crainte, aujourd’hui, c’est de voir la gauche actuelle dilapider plusieurs de ses acquis, celui de son histoire militante désintéressée, sa générosité et sa constance dans la défense et le soutien des causes du peuple et l’intérêt de la Tunisie.

Si jamais elle n’arrive pas à se présenter en rangs serrés aux prochains scrutins, notamment les élections législatives, elle serait confinée à un rôle secondaire, subalterne et finalement sans aucune incidence sur le quotidien du citoyen et sur le paysage politique du pays qui s’en trouverait déséquilibré. La gauche doit viser une place de choix au sein de l’ARP, lors de la deuxième législature de la deuxième République.

Cependant, il ne semble pas que cette approche unitaire triomphe, y compris parmi le Front Populaire où des conflits de personnes prendraient le pas sur le but suprême de toute force politique digne de ce nom : la conquête du pouvoir.

Tout d’abord, la gauche n’a pas pu encore dégager un candidat unique aux élections présidentielles, susceptible de rassembler et capable de séduire ses sympathisants, voire de ratisser large. La guerre latente se poursuit quant à la désignation soit de Hammam Hammami, soit de Mongi Rahoui, soit de quelqu’un d’autre. Ensuite, elle semble s’être étendue, aujourd’hui, aux futurs candidats aux législatives, notamment entre ceux du Parti des Travailleurs et ceux des Patriotes Démocrates.

Or, la rationalité présumée de la gauche devrait lui éviter de tels conflits et lui permettre de fonder ses choix sur des critères politiques et scientifiques après des analyses pertinentes et objectives, à même de susciter l’enthousiasme et de mobiliser les volontés.

Le Front Populaire, qui est censé représenter la gauche, devrait même aller plus loin, question d’atteindre ses intérêts stratégiques par l’usage et le recours aux tactiques appropriées (relisez les classiques !). Il serait donc bien inspiré de s’inscrire, au contraire, dans une perspective de la constitution d’un front, le plus large possible.

Ce front réunirait les partis proches, y compris parfois certains partis de droite, les collectifs qui sont en train de se former ou même les « Indépendants » sur la base d’un programme commun minimum qui serait proposé au peuple comme une sérieuse alternative pour la consécration d’un nouveau modèle de développement à même de permettre au pays de voir, enfin, le bout du tunnel.

Cette démarche se ferait avec un esprit unitaire sans faille, fait de participation et de partage, et loin de tout intérêt partisan ou personnel étriqué. Elle serait salutaire autant pour le pays que pour la gauche.

Dans le cas contraire, le processus actuel ne pourrait mener que vers l’implosion et donc au suicide historique de la gauche duquel il lui serait difficile de se remettre…

Lotfi LARGUET
Tunis-Hebdo du 13/05/2019

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