Jazz à Carthage : Un triomphe pour le Piano Man Peter Cincotti

Jazz à Carthage : Un triomphe pour le Piano Man Peter Cincotti

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Imperceptiblement, le trio glissait vers les solos et la section rythmique ouvrait des boulevards devant Peter Cincotti, impérial hier soir au Pavillon de Gammarth.
Pour sa seconde visite en Tunisie, le virtuose américain a fait rugir, frémir et marivauder son piano. Et tout était dans cette incroyable capacité à mettre le piano au coeur du dispositif musical.
Avec Cincotti, c’est le piano qui s’échappe vers le jazz et cette magie s’opère car ce musicien est tout simplement exceptionnel.
Dans son jeu, c’est à la fois le classique, le rock et le jazz qui fusionnent ou se succèdent. On ne sait jamais dans quel direction ira le soliste avec toutefois l’assurance qu’il trouvera la note bleue, l’accord qu’il faut et l’envolée attendue, qu’elle soit lyrique ou bondissante.
Faisant corps avec son piano, tutoyant la salle, Peter Cincotti a réalisé le concert parfait, celui qui est déjà terminé alors que vous avez encore les yeux fixés à l’horizon et les oreilles en ébullition. De quoi en redemander voracement!
Tissant la musique et les paroles, le pianiste a chanté aussi bien des extraits de son nouvel opus « Long way from home » que des standards de jazz ou encore des primeurs.
Grand moment d’émotion au Pavillon lorsque Cincotti annonça au public son nouveau projet musical « Piano Man », dans lequel il rend hommage aux pianistes qui l’ont marqué tout au long de sa carrière.
De sa lecture du célébrissime « Sway » à son interprétation déchirante d’une mélopée bluesy de Nat King Cole, l’artiste a multiplié les prouesses et enthousiasmé le public présent.
Avec un style à mi-chemin entre Billy Joel, Ray Charles et Chick Corea, Cincotti a vite fait de convaincre. En deux temps, trois mouvements, il a égrené des chansons comme « You gotta be careful » ou « A story for another day » dont les textes poétiques faisaient mouche et que le jeu du pianiste amplifiait.
Ensuite, Cincotti a impérialement déroulé avec plusieurs moments de grâce comme pour « Half of you » ou les chansons dédiées à New-York ou Philadelphie.
Un triomphe indéniable pour un soliste exceptionnel bien soutenu par une basse efficace et une batterie des grands jours.
Tout simplement « Unbelievable » comme aurait dit Cincotti lui-même!

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