Les Tunisiens et la rougeole : Entre tradition et réalité

Les Tunisiens et la rougeole : Entre tradition et réalité

Par -

Il est de ces maladies qui connaissent un engouement assez curieux auprès de nos seniors. Au même titre que la varicelle (bouzogar) ou la jaunisse (boussofir), la rougeole (hossba) se distingue par sa traditionnelle éruption rougeâtre lorsqu’elle s’accapare le corps d’un enfant.

Dès lors, les youyous et les mabrouks envahissent la chambre du pauvre patient emmitouflé sous des serviettes et des draps rouges : la légende prétend que la personne guérira plus rapidement si on l’enveloppe entièrement de rouge. Sans oublier les cadeaux et les fruits secs que les proches parents ramènent pour célébrer cet événement aux allures festifs.

Rien de scientifiquement thérapeutique dans cette façon d’accueillir la maladie, mais l’on ne vous a jamais dit que le rire peut tout guérir ? Néanmoins, la rougeole demeure une infection virale grave et n’a rien de sympathique.

Bien que ses symptômes se caractérisent par un état grippal modéré, une fièvre et des éruptions cutanées sans conséquences graves, certaines personnes immunodéprimés ou ayant un déficit en vitamine A peuvent développer une encéphalite aiguë mortelle, une dizaine de jours après l’éruption.

Extrêmement contagieuse, la rougeole est une maladie qui doit être prise au sérieux lorsqu’un enfant l’attrape. Ce dernier doit être immédiatement isolé des autres enfants, contrairement à ce que font certaines personnes, et doit être alité jusqu’à une régression totale des symptômes.

Aucun traitement à part le repos n’existe sur le marché. Cependant, le vaccin préventif ROR a déjà prouvé son efficacité à maintes reprises.

Compte tenu des quelque 1600 cas contaminations et des 31 décès enregistrés dans tous le pays, le ministère de la Santé a lancé une campagne de sensibilisation et de vaccination des nourrissons âgés de 6 à 11 mois dans les régions les plus défavorisées et les plus exposées au virus.

M.R.

Commentaires:

Lisez Aussi Sur Webdo