Emissions censurées : Une décision dangereuse, estime la HAICA

Emissions censurées : Une décision dangereuse, estime la HAICA

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Dans un communiqué publié, ce vendredi 15 mars 2019, la Haute Autorité Indépendante de la Communication Audiovisuelle (HAICA) considère que la décision de justice interdisant la diffusion d’un reportage télévisé comme étant une décision dangereuse qui menace les acquis en matière de liberté d’expression.

La HAICA rappelle que l’article 31 de la Constitution mentionne que la liberté d’opinion, d’expression, l’information et la diffusion est garanti et qu’elle ne peut être soumise à aucun contrôle préalable.

Dans le même sens la HAICA rappelle que les raisons invoquées par le juge d’instruction pour interdire la diffusion du reportage stipulent un visionnage préalable de la matière journalistique sujet à l’interdiction de diffusion.

Une telle décision empiète sur les prérogatives de la HAICA, l’unique instance pouvant exercer un contrôle du paysage audiovisuel.

Hier, le syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) s’était déclaré « choqué par la décision de suspendre une partie de l’émission « Les quatre vérités » qui devait être diffusée sur la chaîne Elhiwar Ettounsi ».

La partie censurée porte sur l’affaire des bébés décédés à l’hôpital La Rabta. Le syndicat a estimé qu’il s’agissait d’un précédent dangereux qui porte atteinte et touche aux acquis de la révolution en matière de liberté d’expression et de la presse, et qui signifie le retour de la tyrannie et l’utilisation du pouvoir judiciaire par le pouvoir exécutif.

Le juge d’instruction du dixième bureau du tribunal de première instance de Tunis a rendu jeudi deux décisions interdisant l’émission télévisée « Les quatre vérités » et la rediffusion du programme « 50-50 ».

Les décisions d’interdiction de diffusion sont motivées par le fait que le traitement médiatique dans l’instruction en cours dans cette affaire sans autorisation préalable aurait pour effet de nuire à l’intégrité de l’investigation, enfreint aux principes de la confidentialité de l’enquête pénale et constituerait une ingérence dans le cours de la justice et serait contraire aux dispositions de l’article 109 de la Constitution qui interdit toute ingérence dans la justice.

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