La Tunisie, un pôle estudiantin en sursis !

La Tunisie, un pôle estudiantin en sursis !

Par - Tunis-Hebdo
La Tunisie a, de tout temps, été cette terre d’accueil pour les migrants du monde entier, en particulier ceux du bassin méditerranéen. Mais malgré le marasme socioéconomique, voire même identitaire, qui la gangrène depuis 2011, elle continue d’attirer de jeunes étudiants africains sans pour autant les séduire.

Alors que notre enseignement supérieur est à l’agonie, des milliers de jeunes africains, originaires de pays francophones, viennent poursuivre leurs études en Tunisie.

Un tel engouement suscite l’étonnement puisque nos structures étatiques sont en voie de disparition et s’inscrire dans l’un de nos établissements privés coûte une petite fortune. Sans compter que certains d’entre eux ont acquis, tout récemment, une certaine réputation de tire-au-flanc et de falsificateur de diplômes.

Toutefois, d’après les récents chiffres délivrés par le ministère des Affaires étrangères, plus de 7000 étudiants africains sont inscrits dans nos centres de formation professionnelle, nos universités publiques et privées.

Le ministre des Affaires étrangères, Khemaies Jhinaoui, a de plus ajouté que la Tunisie compte tripler ce nombre pour atteindre les 20.000 étudiants à l’horizon 2020. Une annonce imprégnée de trop d’optimisme compte tenu de l’instabilité de notre enseignement supérieur qui subit une série de grèves à la française saupoudrée par une diarrhée verbale stérile émanant de nos chers syndicats.

Bien que souffrant de certains maux, notre enseignement supérieur demeure, en termes de moyens, un cran au-dessus par rapport à celui de quelques pays d’Afrique

Car rien au monde ne justifie que l’on pénalise nos jeunes pour quelques deniers de plus. Malheureusement, et c’est bien là une triste vérité, depuis l’application des réformes instaurées par feu Mohamed Mzali en matière d’éducation, le niveau de notre enseignement, du primaire au supérieur, s’est littéralement effondré, pour atteindre le fin fond des abysses sous l’ère Ben Ali et continuer à sombre sous l’ère de Caid-Essebssi.

Mais le pire dans toute cette histoire, c’est que la Tunisie continue de former quelques esprits brillants qui ne sont pas récompensés à leur juste valeur. Pour en venir à cette diaspora estudiantine, force est de constater que la Tunisie constitue un tremplin, plus ou moins rouillé, pour l’Europe.

Car bien que souffrant de certains maux, notre enseignement supérieur demeure, en termes de moyens, un cran au-dessus par rapport à celui de quelques pays d’Afrique. Pour la simple et bonne raison que notre pays investit plus dans l’éducation nationale que ses homologues subsahariens.

Alors que les Chinois sont en passe de s’accaparer le pays en toute discrétion, des milliers de Mauritaniens, Burkinabés, Ivoiriens, Maliens, Sénégalais et Nigériens essaient de décrocher un prestigieux diplôme pour espérer trouver un job et retourner au bercail la tête haute.

Entre temps, nombre d’entre eux, au même titre que certains de nos compatriotes originaires du sud, sont confrontés quotidiennement à la violence et à la haine raciale qui puise ses origines dans le manque d’éducation et l’absence de savoir-vivre. Une situation, tout bonnement, scandaleuse qui commence à peine à attiser la foudre de l’opinion publique et à alerter les plus hautes autorités.

Mohamed Habib LADJIMI
Tunis-Hebdo du 28/01/2019

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