Tunisie : Human Rights Watch dénonce les enquêtes visant les blogueurs

Tunisie : Human Rights Watch dénonce les enquêtes visant les blogueurs

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L’ONG Human Rights Watch (HRW) a indiqué que les autorités tunisiennes mènent des enquêtes judiciaires visant des blogueurs et des activistes présents sur les réseaux sociaux, dont certains sont inculpés et détenus simplement pour avoir critiqué pacifiquement des représentants de l’État, a déclaré l’organisation aujourd’hui.

Plusieurs d’entre eux ont déclaré qu’ils avaient déjà commencé à se censurer eux-mêmes, en raison des mesures policières et de la menace de poursuites judiciaires.

Dans un rapport sur la liberté d’expression en Tunisie, publié sur son site officiel, l’ONG annonce qu’au moins neuf blogueurs ont été mis en examen depuis 2017 pour des commentaires, publiés sur les plateformes de médias sociaux, qui critiquaient de hauts représentants de l’État.

« Huit ans après la révolution, il n’est pas justifiable de persister à employer des lois répressives, datant de la dictature, pour réduire au silence des blogueurs qui ne font que critiquer pacifiquement », a déclaré Eric Goldstein, directeur adjoint de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch.

« Les inculpations portent souvent sur le fait d’imputer aux fonctionnaires publics des faits illégaux en rapport avec leurs fonctions, sans en établir la véracité, en vertu de l’article 128 du code pénal, qui prévoit jusqu’à deux ans de prison. De nombreuses personnes inculpées selon l’article 128 l’étaient aussi en vertu de l’article 86 du code des télécommunications, à la formulation très vague.

Cette loi, qui remonte à la présidence de Zine El-Abidine Ben Ali, prévoit un à deux ans de prison pour quiconque « nuit sciemment aux tiers ou perturbe leur quiétude à travers les réseaux publics des télécommunications » », ajoute le rapport.

Human Rights Watch a appelé les autorités tunisiennes à réformer des lois telles que l’article 128 du code pénal et l’article 86 du code des télécommunications, « qui sont incompatibles avec les protections de la liberté d’expression inscrites dans la constitution de 2014 et dans le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, que la Tunisie a ratifié ».

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