Tunisie : Nos jeunes dans les vaps !

Tunisie : Nos jeunes dans les vaps !

Par - Tunis-Hebdo

Commençons par la fumée avant d’en venir au feu : les Tunisiens sont, aujourd’hui, de très gros consommateurs de tabac, ça frise carrément la démence et nous hisse au rang des nations qui s’obstruent le plus les veines avec du goudron et s’empoisonnent le sang avec de la nicotine. Il y aurait, selon le ministère de la Santé, trois millions de fumeurs sous nos cieux, soit près d’un Tunisien sur quatre.

C’est carrément phénoménal quand on sait que près de 16% de la population a moins de 19 ans et que la proportion des femmes est la même que celle des hommes. Conclusion à tout cela, il y aurait autant de fumeurs dans la gent masculine que dans la gent féminine, mais le plus grave, c’est que le nombre de mineurs qui s’adonnent à la cigarette est particulièrement ahurissant et s’estimerait à 20% du nombre des fumeurs, selon des statistiques datant de 2013.

Ce constat amer nous amène à une tout autre consommation, celle des drogues et disons-le de prime abord : le cannabis et ses dérivés chimiques ou naturels ont une large audience auprès de nos jeunes et surtout moins jeunes. Et au pétard s’ajoute un fléau des plus destructeurs : des «pilules» anti cholinergiques, morphiniques et autres agonistes.

Du Valium à l’Artane, en passant par l’indétrônable «Subutex», empereur incontesté du trafic de comprimés hallucinogènes. C’est, d’ailleurs, ce même «Subutex» au nom «artistique» de buprénorphine qui fulmine au sommet du hit-parade des drogues les plus consommées par nos jeunes.

Le chiffre avancé à ce propos par le ministre de la Santé a de quoi nous donner des frissons dans le dos : sur les 300 à 400 mille jeunes dépendants des drogues, 33 mille sont accros au «Subutex».

Du côté du ministère, on mise sur l’entrée en service du Centre de désintoxication de Djebel El Oust pour permettre aux jeunes pris dans l’engrenage des drogues de suivre des cures et d’être médicalement suivis pour décrocher. Seulement, on est à dix mille lieues d’une solution miracle, et ce ne sont pas ces centres ni la sensibilisation timide et peu crédible qui auront raison d’un fléau qui gagne en vigueur au fil des jours.

Pourra-t-on résister aux assauts de plus en plus véhéments des trafiquants et des réseaux aguerris d’écoulement de toutes sortes de drogues dont les revendeurs locaux bénéficient du vide sécuritaire et de l’absence de toute surveillance policière ?

N’a-t-on pas saisi, récemment, une bonne quantité de «Flakka», ou «drogue Zombie», un redoutable stupéfiant qui transforme celui qui en consomme en une bête hystérique et déchaînée, prête même à des actes de cannibalisme ?

Qui garantirait que cette drogue ne revienne pas à la charge et s’installe dans nos contrées, comme le parfait substitut du «Subutex», mais en plus meurtrier ?

Imed BEN HAMIDA
Tunis-Hebdo du 17/12/2018

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