Tunisie : La situation économique continue d’inquiéter les experts

L’expert comptable Anis Wahabi a estimé, ce vendredi, qu’en Tunisie, il n’y pas de vision claire aujourd’hui ni de réformes majeures « qui s’attaquent directement aux causes réelles de la crise ».

Il a poursuivi expliquant que si la situation économique actuelle persistait elle induira un déficit persistant de la balance commerciale, une détérioration plus importante de la valeur du dinar et une inflation plus élevée.

M. Wahabi a ajouté, sur Express fm, qu’il existe plusieurs lois mises en place pour les réformes économiques, mais qu’elles ont contribué à perturber le système économique, en particulier le système des exportations, qui selon lui est « fini », avec l’absence de vision.

Il a également souligné l’absence des réformes majeures annoncées par le Chef du gouvernement Youssef Chahed précisant que ces réformes visaient principalement à réduire le déficit budgétaire conformément aux limites imposées par le Fonds monétaire international (FMI).

« L’objectif d’atteindre un taux de croissance de 3% ou 4%, est insuffisant et aujourd’hui, ceux qui veulent gouverner le pays doivent avoir un programme qui contribue à un taux de croissance allant jusqu’à 8%. Sinon qu’ils laissent leur place à d’autres personnes », a-t-il ajouté.

Si la situation persiste, l’euro frôlera, d’ici juin, les 4 dinars !

« Je pense que le pays est entré dans un cercle dangereux. Si le rythme actuel de glissement continue, l’euro frôlera, d’ici juin 2019, les 4 dinars. Ce niveau est très dangereux pour l’économie nationale et pour la stabilité du pays », s’est inquiété, au début du mois, l’universitaire et président du Cercle des financiers tunisiens (CFT), Abdelkader Boudriga.

En effet, dans un entretien accordé à l’agence TAP, l’universitaire s’est montré très pessimiste face à la situation du dinar tunisien, qui a dépassé la barre des 3,300 dinars sur le marché interbancaire, lors de la séance du 7 novembre 2018.

Face à ce constat, le spécialiste en économie propose l’ancrage provisoire du dinar tunisien à l’euro, « pour casser le cercle dangereux dans lequel le pays risque de sombrer ». « Le glissement du dinar se poursuit depuis plus d’an et demi (depuis avril 2017), avec un rythme moyen mensuel de 2% » a-t-il dit.

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