« Appareil secret » : Béji Caïd Essebsi qualifie la réponse d’Ennahdha de « menaçante »

Durant la réunion du Conseil de Sécurité Nationale qui s’est tenue ce jeudi 29 novembre, le président de la République Béji Caïd Essebsi a évoqué, longuement l’affaire de l’appareil secret d’Ennahdha.

Le président a rappelé que trois avocats faisant partie du comité de Défense des deux martyrs Chokri Belaid et Mohamed Brahmi lui ont présenté des documents incriminant Ennadha dans cette affaire.

M. Caïd Essebsi a indiqué que’en recevant de tels documents « il ne pouvait pas rester les bras croisés », soulignant qu’il reçoit « tout le monde » et « toutes les parties », contrairement à ce que certains responsables déclarent.

Il a estimé que les documents présentés par la délégation reçue lundi sont importants.

Concernant le communiqué publié par le mouvement Ennahdha, le chef d’Etat a exprimé son mécontentement, accusant le parti de l’avoir « menacé » et qu’il ne permettrait pas de tels actes.

Rappelons-le, le président de la République Beji Caid Essebsi a reçu ce lundi 26 novembre 2018 au palais de Carthage une délégation du comité de Défense des deux martyrs Chokri Belaid et Mohamed Brahmi.

La délégation conduite par les maîtres Ridha Bessi, Ridha Radaoui et Imen Bjara, s’est réunie avec le président de la République, en sa qualité de chef suprême des forces armées, au sujet de l’affaire Chokri Belaid et Mohamed Brahmi et notamment celle de l’éventuel appareil secret d’Ennahdha.

Selon un communiqué de la présidence, la délégation a demandé à Caid Essebsi à ce que le conseil de sécurité nationale saisisse ce dossier et la formation d’une commission pour suivre l’affaire.

En réponse, le mouvement Ennahdha a exprimé son étonnement quant à la publication, sur la page officielle de la présidence de la République, « d’accusations émanant de certaines parties politiques qui cherchent à nuire à une autre partie en diffusant de fausses accusations et en attaquant les dirigeants politiques nationaux au palais de Carthage ».

Dans un communiqué publié tard, dans la soirée du lundi, Ennahdha a estimé qu’il s’agit d’un « précédent dangereux qui s’oppose à la neutralité de l’annexe officielle et au rôle constitutionnel de la présidence, qui représente le symbole de l’unité nationale et du prestige de l’État ».

Le mouvement a mis en garde contre « le danger de l’implication de l’institution de la présidence de manière tordue dans l’intention de porter atteinte à l’indépendance du pouvoir judiciaire et l’emmêler dans des tiraillements politiques de la part de personnes exploitant le sang des martyrs Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi ».

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