Le dinar ne va pas se rétablir prochainement, alerte Elyes Fakhfekh

Le dinar ne va pas se rétablir prochainement, alerte Elyes Fakhfekh

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L’ancien ministre des Finances Ilyes Fakhfekh a dressé un bilan inquiétant sur la situation du dinar tunisien estimant qu’il ne va pas se rétablir prochainement.

Dans un entretien accordé à Al-Sahafa, Fakhfakh s’est montré inquiet face à la situation de la monnaie nationale estimant qu’elle résulte notamment du déficit commercial qui a atteint un niveau record.

Il a également mis en garde contre la poursuite de la dépréciation du dinar tunisien qui fera augmenter les taux d’inflation notamment des produits d’importation, et l’augmentation des valeurs des dettes tunisiennes, puisqu’elles sont remboursées en devises.

« La dépréciation du dinar entravera également la consommation et l’investissement, deux principaux moteurs de l’économie tunisienne » a-t-il dit.

Fakhfakh a estimé que la Banque Centrale ne peut pas prendre de mesures pour stopper cette hémorragie, la solution réside dans la politique économique et les choix de l’Etat en matière d’économie. Pour lui, la rationalisation des importations et la maîtrise du déficit commercial s’imposent comme deux mesures essentielles pour faire améliorer la situation.

Rappelons-le, l’universitaire et président du Cercle des financiers tunisiens (CFT), Abdelkader Boudriga, s’est également inquiété face à la situation du dinar.  « Je pense que le pays est entré dans un cercle dangereux. Si le rythme actuel de glissement continue, l’euro frôlera, d’ici juin 2019, les 4 dinars. Ce niveau est très dangereux pour l’économie nationale et pour la stabilité du pays », avait-t-il estimé.

L’ancrage du dinar à l’euro

« Rien ne présage jusque-là un inversement de cette tendance, notamment face à l’érosion des réserves en devises, une prévision d’une inflation de l’ordre de 7,6%, pour le trimestre en cours, un creusement record du déficit commercial, une détérioration continue de la productivité, et des restrictions imposées par le FMI à la BCT, en matière de soutien du dinar », avait-il expliqué.

Face à la situation actuelle de l’économie, Boudriga pense en effet que « ce rythme de dépréciation ne peut être interrompu, qu’à travers deux mesures exceptionnelles : l’ancrage de dinar à l’euro, ou une dépréciation drastique qui ramène le dinar à sa juste valeur ».

L’ancrage monétaire consiste pour une banque centrale à fixer totalement sa monnaie par rapport à une autre devise, généralement afin d’obtenir une certaine stabilité. Pour chaque unité de sa monnaie en circulation, la banque centrale va détenir une unité de la monnaie d’ancrage, peut-on lire sur le site ABC Bourse.

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