Haro sur nos politicards !

Tribune | Par Mohamed Habib Salamouna, professeur de français

Désormais, le milieu politique n’est plus épargné par les réseaux sociaux… Aucun doute, nous sommes entrés de plain-pied dans une drôle d’époque. Celle de la dictature de l’émotion. De la grande traque à l’intime. Du tout-à-l’ego.

Après les émissions de téléréalité, où l’on s’épanche à l’infini sur les émois du moi, voici venu le temps d’une nouvelle quête : la recherche frénétique des moindres frasques et étourderies de nos députés. Qu’ont-ils donc de si exceptionnel pour faire les choux gras des réseaux sociaux ?

Est-ce pour s’être adonnés à leur passe-temps favori : « le tourisme politique » ? Ou bien pour avoir oublié de présenter leur déclaration de patrimoine, laissant planer le mystère («et des soupçons de corruption», diront les mauvaises langues) ?

Force nous est de constater que tous les internautes se drapent avec une certaine jubilation derrière le syndrome de l’arroseur arrosé. Au fond, disent-ils, goguenards, les politiciens ont bien mérité ce qui leur arrive. Ils ont ouvert eux-mêmes la boîte de Pandore de l’impudeur.

Ne sont-ils pas les premiers à exhiber leur âme sous toutes les coutures au premier venu, pour passer la rampe médiatique et entrer dans l’Olympe des personnalités les plus populaires ?

Impitoyable loi des sondages : pour grimper, il faut se dévoiler, s’offrir au Moloch médiatique. Sans retenue. Certains hommes ou femmes politiques refusent de suivre ce chemin hasardeux.

Au risque de rester dans l’ombre ? Et dans l’oubli ? Peut-être. Mais ceux qui veulent briller au sommet jouent avec le feu. Ils subissent la cruelle loi des réseaux sociaux. De prédateurs, ils deviennent gibiers. Comment sortir de cette spirale infernale ?

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