Terrorisme, Ennahdha, Jamal Khashoggi… Caïd Essebsi se livre à DW

A l’occasion de sa visite à Berlin, le président de la République Béji Caïd Essebsi a accordée une interview à la chaîne DW.

Interrogé sur la réception négative de son message qu’il a prononcé suite à l’attentat, le président a indiqué qu’il ne faut pas sur-analyser. « En Tunisie, le nombre d’expert en politiques et supérieur aux politiciens eux-mêmes », a-t-il ajouté.

Concernant le récent attentat perpétré à Tunis, il a rappelé que le fléau de terrorisme est étrange pour la Tunisie et les Tunisiens et que la lutte se poursuit, ajoutant qu’il n’existe aucun pays se trouvant entièrement en sécurité par rapport aux attaques.

Quant à sa relation avec le mouvement Ennahda, le président a déclaré qu’il n’en existe pas. « J’avais une relation avec le chef du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi. Elle se poursuit à sa demande », a expliqué Caïd Essebsi. « Lorsque des divergences d’opinions existent, cela ne signifie pas que les contacts sont définitivement interrompus ».

En ce qui concerne la crise entre Nidaa Tounes et le Chef du gouvernement Youssef Chahed, le président de la République a indiqué que ses prérogatives constitutionnelles ne lui permettent pas d’interférer ou intervenir dans ce genre de sujets. « Je suis le chef d’Etat, je dois rester équidistant avec toutes les parties ».

« Je suis convaincu par mon choix de faire de Youssef Chahed un Chef du gouvernement. Il a fait ce qu’il fallait faire mais personne n’est valable pour un poste pour toujours », a-t-il assuré.

Commentant la position d’Ennahdha quant à l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashogghi, et les accusations d’ingérence dans des affaires externes, Béji Caïd Essebsi a insisté sur le fait qu’il n’existe qu’une unique et seule position diplomatique tunisienne, et celle là émane de la présidence de la République.

« Notre position est claire à ce sujet, nous dénonçons tout assassinat que ce soit dans un consulat ou ailleurs, notamment quand il s’agit de journalistes. Nous demandons à ce que la vérité soit révélée, et nous appelons nos frères saoudiens à faire partie du dévoilement de cette vérité. Tout ça, sans porter atteinte au Royaume ni à sa stabilité. » a expliqué le président, ajoutant que l’instabilité de l’Arabie Saoudite est synonyme d’instabilité dans tout le monde arabe.

A la question sur la mise en place de camps de migrants irréguliers en Tunisie, Caïd Essebsi a insisté que la position à ce sujet est claire : il n’en est pas question.

Il a justifié cette position par l’expérience des Tunisiens avec les réfugiés libyens après la révolution libyenne de 2011.

« Nous avons une expérience dans ce domaine, peut-être pas l’Europe, c’est pour cela nous ne participerons pas à une telle initiative, car nous ne pouvons pas porter le fardeau des réfugiés qui concerne l’Europe », a-t-il déclaré, « la Tunisie n’interféra pas dans cette affaire ».

Interrogé sur l’intention de la chancelière allemande Angela Merkel de se retirer de la vie politique, et sur le fait que ce soit un modèle pour les dirigeants arabe, Essebsi a répondu: « Je peux faire de même », sans pour autant fixer une date pour prendre cette décision.

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