Slim Riahi ou l’art de faire volte-face !

Slim Riahi ou l’art de faire volte-face !

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Slim Riahi est aux anges ! Il y a quelques mois encore, il était attaqué de toutes parts et avait même décidé de disparaitre de la scène politique en démissionnant de son parti l’Union Patriotique Libre. En août, il revenait à la présidence de l’UPL, un an après avoir démissionné.

« Le plus important c’est que mon innocence a été prouvée, Maintenant, je lutte encore pour fermer définitivement ce dossier : Je n’aurais jamais réintégré la politique sans que mon innocence soit prouvée » avait écrit Slim Riahi le 27 août dernier.

Depuis, Slim Riahi se pavane partout. La fusion entre les partis Nidaa Tounes et l’Union Patriotique Libre (UPL) aurait été une surprise si elle n’avait pas été décidée il y a deux mois, justement lorsque Slim Riahi jouissait de nouveau d’une liberté de manœuvre à la faveur d’une levée de l’interdiction de voyage à son encontre décidée un mois plus tôt.

En juillet, la chambre d’accusation auprès de la cour d’appel de Tunis annonçait cette levée de l’interdiction de voyager pour l’homme d’affaires et politicien, concernant une suspicion de blanchiment d’argent.

Elle s’inscrivait dans le cadre de l’affaire portée devant le pôle judiciaire financier lorsque le juge d’instruction près le pôle judiciaire économique et financier avait émis, le 28 juin 2017, une décision de gel des comptes bancaires, des actions et des biens de Slim Riahi.

Débarrassé de ce boulet, Slim Riahi pouvait revenir sur le devant de la scène politique. Il restait à liquider les affaires de chèques sans provision. C’est chose faite puisque la chambre spécialisée dans les affaires de chèques sans provision auprès du tribunal de 1ère instance de Tunis a annulé 14 affaires de chèques sans provision dans lesquelles Slim Riahi était poursuivi.

Son avocat, Mohamed Ben Smida, l’a confirmé dans une déclaration à Mosaïque FM, hier, mardi 16 octobre 2018. mais au-delà de cette mesure judiciaire, le doute reste présent dans l’esprit de chacun. La justice a balayé d’un revers de la main 14 affaires au lendemain de la fusion entre Nidaa Tounes et l’UPL. Aussitôt, Slim Riahi est désigné secrétaire général du parti alors que Hafedh Caid Essebsi s’assure la présidence du comité politique.

Youssef Chahed n’a pas accepté de marchander avec Slim Riahi en lui accordant le département de la Justice. L’affairiste, qui traîne des casseroles – notamment des poursuites judiciaires pour suspicions de blanchiment d’argent –, veut s’en débarrasser avant les échéances électorales de 2019.

En parallèle, Slim Riahi n’a pas seulement misé sur un seul cheval. Aujourd’hui allié au clan Caid Essebsi, Slim Riahi lorgnait hier le clan Youssef Chahed. Il y a une semaine encore, il tentait de se rapprochait du chef du gouvernement non sans condition.

En échange d’un soutien politique, Slim Riahi aurait exigé le ministère de la Justice, sans doute pour régler ses affaires, mais Youssef Chahed aurait catégoriquement refusé. De quoi agacer Slim Riahi. Changement de cap et retour à Carthage avec une promesse qui lui aurait été faite d’effacer son ardoise.

Lazhar Akremi, ancien dirigeant au sein de Nidaa Tounes, estime en effet que Slim Riahi n’a rejoint Nidaa Tounes qu’en échange de la résolution de ses affaires judiciaires, selon ses déclarations faites sur Radio Med, dimanche 14 octobre.

Slim Riahi est aujourd’hui nidaiste alors qu’il avait qualifié ce mouvement de « parti jetable », un certain dimanche 21 septembre 2014 dans une émission télévisée « Liman Yajro’ Faqat ». Un qualificatif qu’il avait attribué au secrétaire général de Nida Tounes, Taïeb Baccouche.

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