Délinquante, sale, anarchique et inondable : Tunis est une ville très malade

Encore une fois, les pluies qui s’abattent sur la capitale révèlent de graves défaillances à tous les niveaux.

Totalement bloqués, les automobilistes ont été obligés de rouler au pas dans une vaste mare nauséabonde alors que les piétons devaient faire de grands détours pour passer à gué.

Terrible désillusion car, une nouvelle fois, les faits nous assènent que Tunis n’est plus vraiment une ville ou plus précisément que notre capitale est en voie de sous-développement.

Ces maux sont-ils incurables ? Cette bonne cinquantaine d’agences, d’offices, de ministères, de conseils communaux sont-ils incapables de prendre la mesure de ce problème qui dure depuis des années et s’est brutalement aggravé depuis 2011 ?

D’autre part, les citoyens vont-ils enfin comprendre qu’un mégot qu’on jette à El Manar devient un torrent à La Fayette ? Car, au delà des affaires de calibrage des égouts, il y a aussi tout ce qu’on y jette sans le savoir ou en s’en moquant éperdument.

Le résultat, c’est ce que nous avons vu mardi et qui se reproduira dès les prochaines pluies.

Sur un autre plan, dans Tunis, l’agressivité est à fleur de peau. La délinquance fleurit à tous les coins de rue, la drogue sous toutes ses formes se répand y compris dans les écoles, les braquages sont devenue à ce point monnaie courante qu’il faut faire la queue au poste de police pour déclarer un vol !

Des grappes de voyous occupent toutes les avenues de la ville et il semble bien que cela va continuer longtemps.

Les forces de l’ordre lancent de temps en temps une opération coup de poing mais les mauvaises langues disent que les « cibles » sont prévenues à l’avance par leurs informateurs. Le monde à l’envers !

S’agrandissant sans cesse, la ville devient de plus en plus anarchique, perd son sens, est proche de l’ingérable.

La crasse n’en parlons plus, c’est devenu l’état normal de nos rues et ce n’est pas un maire armé d’un tuyau d’arrosage qui y changera quoi que ce soit…

Le délitement est bien plus grave et concerne tous les étages de l’autorité publique. Les responsables d’aujourd’hui, lorsqu’ils ne se tirent pas dans les pattes, sont obnubilés par leur fausse image, les mensonges qu’ils tentent de nous vendre par le biais de leur communication.

En attendant, Tunis est très malade et les métastases se répandent partout. De fait, diriez-vous, toute la Tunisie est en danger et il est normal que la capitale soit le reflet de tous les dégâts.

Dans ce pauvre pays meurtri par une génération d’inaptes vénaux, le sport favori consiste à tirer sur les ambulances pour s’assurer que rien ne bougera dans le bon sens.

La Sainte-Alliance des politicards et des intégristes de tout poil aura-t-elle raison de nous, de nos villes et de nos vies ?

La menace est suspendue au-dessus de nos têtes. Saurons-nous enfin réagir ?

Commentaires: