CLIN D’ŒIL | Ce qu’il en est de notre football

CLIN D’ŒIL | Ce qu’il en est de notre football

Par - Tunis-Hebdo

Le hasard a voulu que l’élimination de l’Equipe de Tunisie des moins de 17 ans (U17) de la CAN 2019 coïncide à peu près avec l’Assemblée extraordinaire de la FTF marquée par la consolidation de Wadii Al Jery dans son statut du seul patron du football national. Y a-t-il un rapport entre ces deux événements opposés (le malheur des uns et le bonheur de l’autre) ? Honni soit qui mal y pense. Qu’importe l’échec des jeunes et pourquoi s’en faire des soucis dès lors qu’on est bien installé sur le trône. Probablement pour longtemps…

Les éliminatoires de la CAN des moins de 17 ans se sont déroulées à Sousse et à Monastir dans le cadre d’un tournoi regroupant les quatre pays du Maghreb. Nos représentants n’ont pas su bénéficier de l’avantage ô combien important : celui du terrain. A l’arrivée, un bilan décevant avec une victoire aux dépens de la Libye et deux défaites face à l’Algérie et au Maroc.

Classés avant derniers dans ce groupe, les jeunes tunisiens n’ont pas été à la hauteur de l’événement, ce qui soulève des questions sur cette sélection, sa préparation et sur ceux qui veillent sur ses destinées. Et comme à l’accoutumée, il n’y aura pas d’évaluation du tournoi ni d’analyse des raisons de l’échec. Circulez, il n’y a rien à voir. Dans le meilleur des cas, on limogera le sélectionneur qui sera remplacé par un technicien du même acabit.

Histoire de se donner bonne conscience. C’est d’ailleurs cette même bonne conscience qui aurait dicté aux responsables fédéraux le remplaçant de Nabil Maâloul (parti sans évaluation de son bilan). Faouzi Benzarti était l’homme idéal (compte tenu de sa riche expérience) pour combler le vide dont la nature a horreur. Que peut-il donner aux Aigles de Carthage ? Réussit-il là où ses prédécesseurs ont échoué ? Et que peut-il réussir ? Une qualification à la prochaine CAN ? Mais ce minimum peut-il être considéré comme un succès ?

Dans la liste des sélectionnés de Faouzi Benzarti rendue publique la semaine passée, pas de changement notable. Ceux qui espéraient une rupture et un renouveau sont déçus. C’est dire que l’actuel sélectionneur affiche un certain conservatisme. Balbouli, pourtant vieillissant, demeure le portier n° 1. Le meilleur buteur du championnat belge, Hamdi Harbaoui, aurait décliné la convocation, ce qui reste à vérifier. Karim Laâribi est rappelé pour effacer son ressentiment de n’avoir pas participé au Mondial de Russie.

En somme, l’impression qui se dégage de tout ce spectacle est que nos responsables ne prêtent aucun intérêt aux jeunes. L’échec cuisant de la sélection des moins de 17 ans est à prendre au sérieux. Il révèle le manque de sollicitude dont elle est victime. C’est que l’amont ne compte pas autant que l’aval aux yeux des responsables de notre football. Il faut savoir les conditions (contestables) dans lesquelles se fait le choix des jeunes sélectionnés.

L’injustice règne et ceux qui appartiennent aux grands clubs bénéficient d’un avantage au mépris du seul critère technique. Cette négligence qui frappe la sélection des jeunes est à vrai dire le reflet de ce qui se passe dans les clubs. Allez voir les centres de formation, la manière dont ils sont gérés, ceux qui s’en occupent, les résultats peu probants, etc. et vous comprenez la faillite de notre football. Le drame du ballon rond est précisément dans l’échec de nos centres de formation.

Il paraît que les critères de réussite d’un vrai responsable sont : 1) la grandeur d’un projet, 2) les limites des moyens, 3) les résultats probants. Qui peut dès lors parler de réussite de celui qui veille sur la destinée de notre football depuis plusieurs années ?

Abbès BEN MAHJOUBA
Tunis-Hebdo du 03/09/2018

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