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CLIN D’ŒIL | Et si Khaled Ben Yahia n’était pas le problème de l’Espérance ?

Par - Tunis-Hebdo

Entre 1997 et 2018, soit à peu près vingt ans, l’Espérance aura fait appel quatre fois à Khaled Ben Yahia pour lui confier les rênes de l’équipe première. Ce qui frappe de prime abord, c’est la durée de son passage qui, à chaque fois ne dépasse pas la saison. Illustration : en 1997, Slim Chiboub n’avait pas souhaité le garder davantage ; en 2006, Aziz Zouhir, peu convaincu par l’apport de Ben Yahia, s’était résolu à une séparation à l’amiable ; en 2015, Hamdi Meddeb s’est trouvé contraint à le remercier au bout de quelque sept mois.

On connaît les motifs : déception au niveau des résultats et de la manière. Raison pour laquelle grande a été notre surprise lorsque l’actuel président de l’Espérance s’est tourné vers lui en janvier dernier après le limogeage de Faouzi Benzarti. Comment Hamdi Meddeb pouvait-il redonner confiance à un technicien qui n’a jamais convaincu, ni lui ni ses prédécesseurs ? Et voilà qu’aujourd’hui, encore une fois, le même problème du coach refait surface, occasionné par les décevantes sorties de l’équipe en Coupe arabe et en Ligue des Champions.

Les jours de l’actuel entraîneur de l’EST seraient-ils comptés ? Sans doute ! C’est qu’en vérité, au-delà de la question du coach, il existe à l’EST un problème plus profond : celui de la gestion et de la planification. On continue à naviguer à vue sans feuille de route. L’échec des recrutements et la valse invraisemblable des coaches qui se sont succédé ces dix dernières années en administrent la preuve. Les dirigeants espérantistes semblent se fier aux titres nationaux remportés sans réelle souffrance dans un championnat faible, pour croire pouvoir rééditer l’exploit de 2011. Tel est leur tort.

S’en prendre par conséquent à Khaled Ben Yahia, c’est se tromper de cible, c’est occulter les maladresses et la faiblesse de la politique suivie par le Bureau Directeur, responsable de l’état actuel des choses. Les bourdes de l’ancien libéro de charme sont légion en matière de communication. Pourquoi s’en offusquer ? C’est son point faible et on n’y peut rien sauf à se résoudre à lui interdire toute déclaration après les matches.

Son élégance sur le terrain qui nous charmait tant n’a d’égale que sa goujaterie qui indispose réellement. Plus que jamais, il paraît évident que Ben Yahia, l’entraîneur, ne saurait être à la taille du doyen des clubs. Il faut l’admettre sans sentimentalisme aucun. Où l’on voit rétroactivement, l’erreur d’avoir voulu trouver rapidement un remplaçant à Faouzi Benzarti. Et d’engager un coach dont on sait les limites.

On l’aura compris, le problème de l’Espérance est ailleurs. J’en veux pour preuve, le désir formulé il y a peu par Hamdi Meddeb de partir. Ceux qui s’en sont émus et qui ont réagi de façon épidermique n’aiment pas vraiment leur club. On ne peut pas leur en vouloir non plus. Il fallait pourtant prendre au sérieux la volonté de Hamdi Meddeb, qui est probablement arrivé à un point de non-retour.

Qu’on le sache, l’usure du pouvoir n’est pas une vaine expression. Il faut bien comprendre et respecter le président de l’Espérance qui a tant donné de son temps et de son argent. Nul n’aura autant fait de sacrifices pour permettre à son club de réussir et de briller. Au lieu de l’empêcher de partir, c’est un devoir qui incombe à la famille espérantiste que de le remercier, de lui rendre hommage à l’occasion du centième anniversaire, bref de l’aider à trouver un successeur digne de l’auguste club.

Ce n’est pas à nous de décider du timing du passage de relais. Mais plutôt il sera fait, mieux sera pour le club. Et alors le nouveau Bureau verra ce qu’il en fera avec les quatre titres nationaux et continentaux que l’Espérance rêve de gagner pour célébrer comme il se doit son centenaire…

Abbès BEN MAHJOUBA
Tunis-Hebdo du 27-08-2018

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