A Utique, scruter l’invisible des siècles…

A Utique, les pas du visiteur s’orientent nécessairement vers les nécropoles puniques ou les maisons romaines.

Ces dernières sont admirables et, à l’image de la Maison de la cascade ou celle du Trésor, recèlent encore de remarquables mosaïques.

Le regard est tout autant attiré par la Maison des chapiteaux ou la Maison de la chasse, très bien conservées et témoignant encore des îlots d’habitations du troisième siècle.

De même, les nécropoles puniques sont l’une des beautés historiques majeures de ce site tunisien dont l’origine remonterait à plus de trois mille ans.

Ces tombes puniques sont creusées à même le sol ou construites dans des blocs de grès ou des briques crues.

A Utique, l’évidence de ces monuments cache bien d’autres secrets que seuls les initiés pressentent ou connaissent.

C’est pour cela que visiter Utique, c’est aussi scruter l’invisible des siècles, être seul à voir des vestiges invisibles.

C’est le cas par exemple du port antique de la cité qui, de nos jours, se serait trouvé à douze kilomètres. En effet, l’ensablement progressif du site d’Utique, à cause des alluvions de la Medjerda, a comblé toute l’aire du port.

Il est difficile de nos jours de reconnaître l’ancien rivage. On ne peut que le deviner en admirant le paysage du sommet du plateau qui surplombe les ruines d’Utique.

Et la muraille punique ? Réputée inexpugnable, elle n’aura pas empêché la ville de tomber à trois reprises. Dispersés, quelques vestiges de ces remparts se souviennent encore d’Agathocle, des Mercenaires ou des guerres puniques…

A Utique, suis-je le seul à voir, toucher, admirer, l’antique amphithéâtre ou le cirque de la ville ? A peine visibles, leurs restes affleurent à peine, comme l’empreinte laissée par les siècles.

L’aqueduc d’Utique est lui aussi presque invisible à nos yeux. Métaphore de la vie, les agriculteurs ont recouvert de cultures, thermes et théâtres d’hier dont ne subsistent que quelques pierres.

A Utique, rien n’est parfaitement invisible pour qui sait regarder. Pourrait-il en être autrement dans ce qui fut la plus ancienne cité phénicienne de Tunisie, l’aînée de Carthage et l’une des plus vieilles villes de l’Occident méditerranéen ?

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