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Jeûne et Ramadan : La police républicaine appelée à jouer le rôle d’une police religieuse ?

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La polémique continue à enfler en ces premiers jours du mois de Ramadan et les positions semblent peu nuancées voire irréductibles.

Le débat a pris davantage d’ampleur après les récentes déclarations du ministre de l’Intérieur selon lequel, en substance, la majorité des jeûneurs aurait des droits imprescriptibles sur la minorité des non-jeûneurs.

Pour les uns, le ministre aurait foulé aux pieds les règles élémentaires de la démocratie, des droits de la minorité et de la liberté de conscience.

Pour d’autres, des propos similaires reviennent à mettre la constitution tunisienne en veilleuse durant le mois du Ramadan.

Les prises de position sont très nombreuses, certains allant jusqu’à remettre en question l’activation de la fameuse circulaire Mzali de 1980 qui aurait été à l’époque, balayée d’un revers de la main par Bourguiba.

On se souvient que la dite circulaire avait interdit l’ouverture des cafés et restaurants pendant Ramadan et que, dans une réaction rapide, Bourguiba avait annulé cette décision et rappelé son Premier ministre à l’ordre.

Le débat a repris en ce début du mois de Ramadan, avec des Tunisiens qui s’inquiètent de la fermeture des cafés et d’autres qui s’en félicitent.

En tout état de cause, affirment les défenseurs de la fermeture des cafés et restaurants, cette mesure intervient à titre préventif afin de préserver l’ordre public et empêcher de toujours possibles altercations.

Il n’en reste pas moins que cette mesure à la fois populaire et impopulaire devra impliquer que la police républicaine joue, mécaniquement, le rôle d’une police religieuse.

Depuis 2011, chaque Ramadan s’accompagne de polémiques sur la liberté de jeûner ou pas et ses répercussions dans l’espace public.

Dans cet esprit, il faut le souligner, les mesures prises sont toujours allés dans le sens des jeûneurs alors que de nombreuses associations se mobilisent pour défendre le droit de ceux qui ne jeûnent pas.

Malgré ses relents de querelle byzantine et de dialogue de sourds, cette polémique représente bien les clivages de la société tunisienne et l’attitude restrictive des pouvoirs publics en la matière.

Chaque année, nous avons ainsi eu à déplorer plusieurs incidents allant de la poursuite et l’agression des non-jeûneurs à des arrestations jugées arbitraires.

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