Hamadi Jebali : « J’ai définitivement rompu avec Ennahdha »

Hamadi Jebali : « J’ai définitivement rompu avec Ennahdha »

Par -

L’ancien Chef du gouvernement, Hamadi Jebali, a annoncé hier, jeudi 18 janvier, avoir « rompu » définitivement avec le parti Ennahdha.

Dans une interview accordée à Akher Khabar Online, l’ancien leader du mouvement est revenu sur Ennahdha post-révolution, l’assassinat de Chokri Belaid et les élections présidentielles.

Des Leaders d’Ennahdha ont suggéré
de contacter Ben Ali

Hammadi Jebali a indiqué qu’après le 17 décembre 2010, et la libération de plusieurs leaders d’Ennahdha, le parti a commencé à se réorganiser. « On a pu s’acclimater rapidement », s’est-il réjoui.

« On a contacté nos ‘frères’ à l’étranger. A cette époque, certains leaders d’Ennahdha qui se trouvaient hors de Tunisie ont proposé de contacter le président de la République Zine Abidine Ben Ali, mais le noyau d’Ennadha était solide et a gardé sa position ».

Terrorisme
et assassinat de Chokri Belaid

« On ‘na pas négocié avec les salafistes », a insisté l’ancien Chef du gouvernement, expliquant que les plus grands « ennemis » de ces extrémistes sont des leaders au sein d’Ennahdha, qui ont d’ailleurs été visés, selon ses dires.

« Ce n’est pas une coïncidence. On n’est pas sur la même longueur d’onde avec eux, non seulement sur le plan religieux, mais aussi historique, social, culturel. Notre gouvernement était le premier à déclarer ces groupes « terroristes » et à appeler à appliquer la loi contre eux.

Concernant l’assassinat du leader du Front Populaire et avocat, Chokri Belaid, Hamadi Jebali s’est demandé « comment est-ce qu’un parti au gouvernement pourrait commettre ce genre d’erreur, assassiner et s’allier avec des groupes armées ».

« Lorsqu’on m’a demandé qui a tué Chokri Belaid, j’ai répondu qu’il faudrait chercher parmi les personnes qui ont assisté à ses funérailles », a-t-il ajouté.

Démission

« L’assassinat de chokri Belaid visait à instaurer le chaos dans le pays, saboter la révolution, et mettre fin à l’expérience d’Ennahdha au pouvoir. Ma démission était venue pour sauver le pays et le parti », a-t-il dit.

« J’ai a proposé un gouvernement de compétences nationales, mais ni Ennahdha ni le CPR n’ont accepté à l’époque. J’étais donc obligé de prendre une décision : Soit je me « révoltais » sur mon appartenance et je composais le gouvernement contre le gré d’Ennahdha, soit je démissionnais. Il n’y avait aucune autre solution ».

UGTT

Selon Jebali, la centrale syndicale est un partenaire stratégique.  » Ce qui n’est pas acceptable c’est qu’une entité non élue par le peuple prend part aux décisions majeures dans le pays comme la nomination des ministres, des gouverneurs ou des directeurs généraux », a-t-il expliqué. « Les gouvernements sont affaiblis car plusieurs parties sont impliquées dans le processus actuellement ».

Présidentielles

« Je ne cherche pas à affaiblir Ennahdha et je ne vois pas l’intérêt de créer mon propre parti », a déclaré l’ancien leader du parti islamiste.

Hamadi Jebali a annoncé que si l’opportunité et les conditions se présentaient, il sera candidat aux élections présidentielles en tant qu’indépendant. Il a souligné qu’il a choisi l’indépendance car « aucun parti ne peut lui apporter un plus ».

Commentaires:

Lisez Aussi Sur Webdo