Tunisie : L’euro flirte « dangereusement » avec les 3 dinars !

Tunisie : L’euro flirte « dangereusement » avec les 3 dinars !

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Le vent ne semble pas tourner en faveur du dinar tunisien qui poursuit sa dégringolade face aux principales monnaies étrangères, après avoir perdu, en 2017, environ 21% de sa valeur face à l’euro et près de 6%, par rapport au dollar.

La situation est aujourd’hui telle que l’euro flirte dangereusement avec les 3 dinars. Certains opérateurs de la place l’ont même déjà échangé, contre 3 dinars, rapporte l’agence TAP.

Le PDG de CAP Bank, Habib Karaouli, interviewé par l’agence, est revu sur cette dépréciation qualifiée de dangereuse.

« Cette dépréciation, outre les aspects macro-économiques en grande partie responsables de cette situation, est la résultante d’un arbitrage et d’un choix arrêté par la BCT de laisser glisser le Dinar sans intervention excessive pour réguler le cours. D’aucuns préfèrent imputer cette responsabilité aux recommandations voire aux injonctions du FMI. Mais la BCT a-t-elle le choix? », s’est-il demandé.

Sur le plan théorique, poursuit-il, « cette dépréciation aurait dû profiter aux exportations. Or, ce ne fut pas le cas.

Bien au contraire cela a eu l’effet inverse, et pour des raisons évidentes d’instabilités de tous ordres, de manque de préparation de notre appareil productif éreinté par 7 années de pression et de réelle offre de biens et services exportables, ce sont les importations qui ont bondi pour atteindre 40 milliards de dinars. Avec pour corollaire, un déficit commercial de 15 milliards de dinars, un déficit courant de 10 milliards, une chute en deçà de 100 jours d’importation (93 jours) ».

Karaouli estime, par ailleurs, que « toutes choses égales par ailleurs, et à la lumière des derniers événements, le glissement risque de continuer. Au 11 janvier, l’Euro s’est traité à 2,922 D à l’achat et à 3,002 à la vente. Idem pour le dollar américain, qui s’est traité à 2,447 D à l’achat et à 2,514 à la vente ».

Les conséquences ?

Interrogé sur les conséquences qu’une telle situation pourrait avoir, il précise que « sur les finances publiques, la baisse du dinar pourrait générer un renchérissement des montants à rembourser en services et principal et une augmentation de l’endettement par un ajustement mécanique.

Et donc, un problème d’allocation optimale des ressources. Pour les entreprises, cela pourrait engendrer un renchérissement de l’importation des intrants et autres biens d’équipement et un probable effet sur les prix, ce qui ne manquera pas d’alimenter l’inflation. Sur les particuliers, la chute du dinar aura une incidence directe sur l’allocation voyage et l’allocation études pour les étudiants ».

Rappelons-le, l’économiste Aram Belhaj avait estimé nécessaire de mettre en application les techniques de couverture contre le risque de change, afin de limiter les effets négatifs d’une dépréciation importante de change.

Commentant cette tendance baissière, l’universitaire et économiste, Aram Belhadj, a souligné que ” cette dépréciation va, visiblement, se poursuivre en 2018 et ce, en dépit de la reprise progressive de la croissance.

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