Amnesty International : La police tunisienne doit respecter les droits des manifestants

Amnesty International : La police tunisienne doit respecter les droits des manifestants

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Amnesty International a déclaré ce vendredi 12 janvier que « les forces tunisiennes de sécurité ne doivent pas employer une force excessive et doivent cesser de recourir à des manœuvres d’intimidation contre les manifestants pacifiques ».

Dans un long communiqué rendu public, l’ONG a indiqué que lees autorités tunisiennes doivent garantir la sécurité des manifestants non violents, et veiller à ce que les forces de sécurité ne recourent à la force que lorsque cela est absolument nécessaire et proportionné, et dans le but de protéger les droits d’autrui. Ces manifestations ont lieu en réaction à des difficultés économiques avérées, et le rôle de la police devrait consister à calmer cette situation tendue, au lieu de l’envenimer.

« Les actes de vandalisme et les pillages requièrent une réponse de la part des forces de sécurité, mais celle-ci doit être proportionnée aux infractions commises. L’agitation dans la rue en Tunisie n’autorise pas la police à riposter en recourant de manière illégale ou excessive à la force. » a déclaré Heba Morayef, directrice régionale pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord à Amnesty International.

Fech Nestanew ?

Amnesty a rappelé que lorsque des membres du mouvement Fech Nestanew ont défilé de manière pacifique dans le centre de Tunis le 8 janvier afin de demander la libération de militants se trouvant en détention, les forces de sécurité ont utilisé des matraques pour disperser leur groupe.

La police a arrêté au moins 15 des militants et coordonnateurs de ce groupe, leur reprochant notamment d’avoir écrit des slogans sur des murs et distribué des tracts appelant à manifester. Un grand nombre de ces personnes ont été remises en liberté après avoir subi des interrogatoires prolongés. L’un des militants maintenus en détention est Ahmed Sassi, professeur de philosophie, qui a fait l’objet d’une arrestation arbitraire à son domicile de Tunis mercredi 10 janvier et comparaîtra devant un procureur vendredi 12.

« Ces arrestations ressemblent à des actes d’intimidation. Les autorités tunisiennes prennent pour cibles des personnes ayant simplement exercé de manière pacifique leur droit à la liberté d’expression et de réunion », a déclaré Heba Morayef.

Khomsi el Yerfeni, un manifestant, est mort dans la soirée du 8 janvier lors d’une action de protestation dans la ville de Tebourba, à 30 kilomètres à l’ouest de Tunis.

Des témoins ont déclaré à Amnesty International qu’il a perdu la vie après qu’une voiture de police lui a roulé dessus à deux reprises. Le ministère tunisien de l’Intérieur a cependant affirmé dans un communiqué que cet homme avait succombé après avoir inhalé du gaz lacrymogène, en raison de problèmes respiratoires chroniques.

La famille de Khomsi el Yerfeni a déclaré qu’il ne présentait pas de difficultés chroniques de ce type et a affirmé à Amnesty International qu’il n’a jamais eu de dossier médical à l’hôpital ainsi que le prétend le ministère de l’Intérieur. Les résultats de son autopsie n’ont pas encore été annoncés. Quoi qu’il en soit, si la police use de la force pour disperser un rassemblement, notamment en utilisant du gaz lacrymogène, elle doit veiller à ce que toute personne blessée ou affectée bénéficie d’une assistance médicale au plus vite.

« Les autorités tunisiennes doivent immédiatement mener une enquête approfondie et impartiale sur la mort de Khomsi el Yerfeni, notamment en publiant les résultats de son autopsie en toute transparence », a déclaré Heba Morayef.

« Si la responsabilité pénale de personnes chargées de l’application des lois est établie dans son décès, elles doivent être déférées à la justice. »

Aux termes des normes internationales, la police ne doit recourir à la force que lorsque cela est strictement nécessaire et proportionné, et d’une manière visant à ne causer que le minimum de dommages et d’atteintes à l’intégrité physique, ajoute le communiqué.

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