La participation tunisienne au Festival International du Film du Caire

La participation tunisienne au Festival International du Film du Caire

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Le film "Tunis by night" au CIFF
Le film « Tunis by night » au CIFF

 

Ce soir sera projeté le long métrage Tunis by night (2017) de Elyes Baccar, seul film tunisien en compétition officielle au Festival International du film du Caire (CIFF), dont la 39ème édition a débuté le 21 et se poursuivra  jusqu’au  30 novembre 2017.  L’équipe  du  film  est  d’ailleurs  déjà arrivée au Caire.

Cette année, la participation tunisienne au Festival International du Film du Caire a été assez remarquée.

Je pense qu’un des événements les plus importants de ce festival est l’hommage à Hend Sabry qui lors de la cérémonie d’ouverture a reçu le prix d’excellence Faten Hamama, prix très mérité pour cette actrice exceptionnelle qui a d’ailleurs été classée en août 2017 par le Magazine Forbes comme l’actrice arabe la plus célèbre au monde.

Hend Sabry dans "Les silences du palais"
Hend Sabry dans « Les silences du palais »

A l’occasion de cet hommage à Hend Sabry, plusieurs films dans lesquels elle tient le rôle principal sont au programme. Parmi eux les deux films tunisiens, Les silences du Palais (1994) de Moufida Tlatli pour lequel Hend Sabry avait remporté le prix de meilleure interprétation à la 15eme édition des Journées Cinématographiques de Carthage et le magnifique film Poupées d’Argile (2002) de Nouri Bouzid.

Hend Sabry dans le film "Poupées d'argile"
Hend Sabry dans le film « Poupées d’argile »

En hors compétition, on trouve également le long métrage Corps Etranger (2016) de Raja Amari, programmé dans la section « Festival des festivals ».

Affiche du film "Corps étranger"
Affiche du film « Corps étranger »

Le film Faracha (2017) de Issam Bouguerra concoure dans la compétition internationale des courts métrages « Cinéma de demain ».

Par ailleurs, on peut également noter une participation tunisienne à travers le film marocain Sweat Rain (2016), dont le directeur de la photographie est le tunisien Amine Messadi.

Avant hier soir avait eu lieu la première projection du film Al Jaida, qui a eu un très grand succès. Al Jaida concoure dans la compétition « Horizons du nouveau cinéma arabe ». L’actrice tunisienne Rym Ben Messaoud est d’ailleurs membre du jury de cette compétition.

Suite à cette projection, l’équipe du film a été très sollicitée par les journalistes qui voulaient tout savoir aussi bien à propos du film qu’à propos de la condition de la femme tunisienne.

Affiche du film El Jaida de Salma Baccar
Affiche du film El Jaida de Salma Baccar

Le matin même, Salma Baccar avait pris la parole lors du séminaire organisé par le festival à l’occasion de la Journée Internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Elle a voulu donner un témoignage concernant la Tunisie. Salma Baccar a rappelé que la femme tunisienne a eu une place privilégiée dans le monde arabe depuis la promulgation du Code du Statut Personnel en 1956, mais que les lois ne sont suffisantes et que si elles ne sont pas enracinées dans la société, il peut y avoir régression: aucun droit n’est définitivement acquis. Elle a rappelé que lorsqu’après la révolution, les islamistes avaient gagné les élections, la femme tunisienne avait eu très peur pour ses droits. Heureusement la société civile avait pu faire face aux rétrogrades et avait évité le désastre. La vigilance des femmes et de la société civile est très importante pour dire NON à ces mouvements obscurantistes, à chaque fois que cela est nécessaire, et c’est ce qui a été fait avec l’Assemblée Constituante en Tunisie. Elle a précisé que bien qu’elle soit réalisatrice, lorsqu’elle avait senti que la Tunisie était en danger, elle avait intégré un parti de gauche, avait été élue membre de l’Assemblée Constituante et avait participé à la rédaction de la constitution. Cela n’avait pas été facile de sauver les acquis de la femme tunisienne. Et même si l’été 2017 il y a eu vote à l’unanimité pour la loi contre la violence faite aux femmes, cela ne suffit pas, parce qu’au sein de notre société, surtout dans les milieux défavorisés et non éduqués, les idées rétrogrades se sont infiltrées et représentent aujourd’hui un danger pour la Tunisie.

Salma Baccar
Salma Baccar

D’après l’avis de plusieurs professionnels arabes (égyptiens, algériens, palestiniens…), le cinéma tunisien est un cinéma de qualité avec un très bel avenir devant lui. Certains parmi eux, présents lors de la dernière édition des Journées Cinématographiques de Carthage, font d’ailleurs l’éloge des films tunisiens qu’ils y ont vu, en particulier Vent du Nord de Walid Mattar et Mustafa Z de Nidhal Chatta et regrettent qu’ils ne soient pas programmés au Caire.

Croisons les doigts pour nos films en compétitions !

Neïla Driss

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