Le « bel » exemple des adultes

Tribune | Par Mohamed Habib Salamouna, professeur de français
J’en ai ras-le-bol de lire dans la presse, tous les matins, le témoignage poignant des jeunes immigrés clandestins, rescapés des radeaux de la mort, ces embarcations de fortune qui rappellent le triste souvenir des négriers | Crédit photo SIPA

On parle beaucoup des difficultés de notre jeunesse à devenir citoyenne ; là sincèrement, j’en ai marre.

J’en ai marre de voire vilipender notre jeunesse, qui au mieux ne connaîtrait plus la politesse, le civisme, la bienséance, qui au pire ne serait bonne – si l’on ose dire – qu’à commettre des « incivilités sauvageonnes ».

Je suis révolté par le comportement fortement empreint d’intolérance, d’égoïsme et de brusquerie d’une frange croissante de la population des quinquas et autres sexagénaires dans les actes de la vie quotidienne (dans les magasins, sur les routes, dans les embouteillages, sur les lieux de vacances, etc). Exemplarité, citoyens…

J’en ai marre de voir railler une jeunesse plus qu’anesthésiée par la soupe cathodique qui lui est servie. Que lui propose-t-on d’autre ? Depuis combien de temps les deux chaînes publiques n’ont pas programmé, à une heure d’écoute abordable, une émission digne de ce nom sur la musique ou le cinéma ?

J’en ai ras-le-bol de lire dans la presse, tous les matins, le témoignage poignant des jeunes immigrés clandestins, rescapés des radeaux de la mort, ces embarcations de fortune qui rappellent le triste souvenir des négriers.

J’en ai marre d’être… saoulé par l’alarmisme sélectif qui accompagne les dernières révélations sur les préférences psychotropes des Tunisiens. L’importante couverture de certains médias sur la consommation répandue du cannabis (tiens, encore les jeunes !) a occulté l’information cruciale de ces études : la Tunisie est le premier pays d’Afrique du Nord en matière de consommation d’alcool.

Quand on pense aux « dégâts collatéraux » de cette addiction (hécatombe routière, problèmes familiaux, enfance désœuvrée et maltraitée, etc.), on se dit qu’il serait peut-être temps qu’une vraie prise de conscience de l’ampleur du fléau ait lieu, qu’une vraie politique d’action soit initiée. À la vôtre, citoyens…

Force est de constater que nous vivons dans une société dans laquelle vendre (et faire du profit) est plus important qu’éduquer. Aux larmes, citoyens…

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