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Mehdi Rebai, pilote, militant et politicien : « Je me bats pour casser l’entente entre Nidaa et Ennahdha »

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Mehdi Rebai, le « jeune » qui veut casser l’entente des « vieux » | CP : Mehdi Rebai
A 37 ans, Mehdi Rebai est l’exemple typique du jeune tunisien qui a foncé la tête la première pour réussir que ce soit professionnellement ou politiquement…

Après de brillantes études au lycée Gustave Flaubert de Tunis, il part, en 1999 aux Etats-Unis suivre des études pour devenir pilote de ligne. Il restera à Orlando jusqu’en 2003 où il obtient brillamment son diplôme de pilote.

Pilote de ligne

De retour des Etats-Unis, la logique veut qu’il intègre la compagnie Tunisair. Il passe le concours et devient pilote en 2003. Il est alors âgé de 23 ans. Mais ce sont ces quatre années passées loin de son pays qui vont véritablement forger son caractère.

« Aux Etats-Unis, j’avais un privilège, celui de pouvoir avoir un regard extérieur à la Tunisie et celui de pouvoir porter un jugement objectif. Je savais qu’en Tunisie tout était bloqué, censuré, verrouillé… De l’extérieur, je pouvais me faire mon propre jugement », raconte-t-il.

Et pourtant, Mehdi Rebai aurait pu s’expatrier sans jamais revenir en Tunisie. « Je suis allé aux Etats-Unis en pensant ne plus revenir ».

Militant associatif…

Mehdi Rebai qui nous raconte son parcours de militant associatif, met beaucoup l’accent sur ses six années passées à l’étranger. « J’ai assimilé le phénomène associatif et caritatif, j’ai compris comment fonctionne la société civile grâce à mes séjours à l’étranger, 3 ans aux Etats-Unis et 3 ans entre la France et la Suisse.

Une fois de retour en Tunisie, il se plonge directement dans ce qui lui tient à cœur, l’action sur le terrain. il insiste sur ce mode et se retrousse les manches dès 2003-2004 pour organiser des actions caritatives diverses comme les « iftar » à Bab Souika pendant les Ramadans, les collectes lors des rentrées scolaires, ou même des actions avec la Croix Rouge.

Militant politique…

Mehdi Rebai a toujours eu la fibre politique mais n’a jamais voulu s’engager par manque d’espace. Il est vrai que sous Ben Ali, les choix étaient très limités. La Révolution est une aubaine pour lui, qui s’était fait une raison !

Les événements du 14 Janvier 2011 ont tout chamboulé. « La semaine du 14 Janvier, j’ai manifesté dans plusieurs villes, je suis allé un peu partout et j’ai vécu cette Révolution sur le terrain, de très près… J’ai absorbé tout ce qui s’est passé, je me suis alimenté de ces mouvements ! », nous déclare-t-il fièrement !

« En février 2011, j’ai décidé de prendre ma voiture et j’ai fait le tour du pays pour jauger la situation et prendre la température à l’intérieur des régions. J’ai été frappé par le formidable réservoir d’idées dont regorge le pays. Après cette longue tournée, j’ai pris la décision d’entrer en politique ».

La tournée des partis

A partir de là, Mehdi fait la tournée des partis politiques comme un joueur de football qui se met à la recherche d’un club qui va lui permettre d’assouvir ses ambitions. « Je pars en tournée tout en me fixant des limites. Je savais que j’étais à droite avec une tendance plutôt libérale mais je ne voulais pas atterrir chez les vieux… », confesse-t-il.

Sa tournée est un flop et le jeune politique en herbe commence à sentir sa frustration monter jusqu’au jour où il décide d’assister à une réunion d’Afek Tounes. C’est tout de suite le coup de foudre avec les idées du parti.

L’intégration est rapide ! Six mois après avoir adhéré à Afek, il est déjà un leader du parti et se présente aux élections législatives de 2011 comme tête de liste dans la circonscription de Tunis 1. Le succès n’est pas au rendez-vous et suivra une longue période de réflexion que ce soit pour le politicien mais aussi pour tous les membres d’Afek.

Jouer n’est pas gagner !

Suite à cette période de tâtonnements, la coalition PDP-Afek décide de créer Al Joumhouri. Mehdi Rebai est directement élu membre du bureau politique du nouveau parti et nommé responsable des régions pour ses connaissances parfaites en la matière.

Entre sa famille, son métier de pilote qui l’occupe quatre jours par semaine, et ses participations aux actions associatives, Mehdi Rebai trouve encore le temps de faire de la politique.

Mais il sera vite déçu par la nouvelle entité qu’est Al Joumhouri. « En 2013, on (les membres d’Afek) a décidé de revenir vers Afek Tounes. On a alors organisé un congrès à Sousse où j’ai été élu membre du bureau politique », indique-t-il.

De là, l’aventure avec Afek redémarre et Mehdi Rebai est même candidat aux législatives de 2014. Il se voyait même gagner mais il reçoit camouflet face à des poids-lourd de la politique que sont les candidats d’Ennahdha et Nidaa Tounes.

Remise en question

« Je me suis vite remis en question après cette défaite aux législatives alors que je pensais avoir toutes mes chances. Aujourd’hui, je me bats pour casser l’entente entre Nidaa Tounes et Ennahdha », avoue-t-il !

« Le pays est en train de plonger, mais on peut le sauver. Je veux redonner espoir aux jeunes parce que je crois que ce pays est capable de devenir le meilleur pays au monde. Il y a énormément à faire en Tunisie sauf qu’aujourd’hui on n’a pas les bonnes personnes à la bonne place.

Membre et activiste dans une dizaine d’associations et très intégré dans la société civile, Mehdi Rebai reste optimiste contrairement à la majorité des Tunisiens, aujourd’hui…

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