La fuite des cerveaux : Chronique d’une hémorragie tunisienne

Foule immense devant l’Institut Goethe pour s’inscrire aux cours de langue allemande-27 septembre 2017 | CP : Ramzi Bouzidi

Une image choc a été publiée il y a quelques jours sur les réseaux sociaux où apparait une foule immense devant l’Institut Goethe pour s’inscrire aux cours de langue allemande qui nous ramène à la dure réalité de la fuite des cerveaux. Cette foule est en effet, faite principalement d’ingénieurs et de médecins qui rêvent de rejoindre le territoire allemand pour y poursuivre leur carrière.

Ces jeunes citoyens tunisiens ne font pas l’exception. Il suffit de questionner son entourage pour se rendre compte de l’ampleur du phénomène. Pour peu que nos jeunes décrochent leur diplôme, ils entament aussitôt les procédures d’émigration vers des contextes plus cléments.

Ces dernières années, effrayants sont les chiffres de l’exode des jeunes compétences qui, après avoir été formées en Tunisie, s’en vont faire le printemps d’autres cieux.

Fuir la crise, la politique d’austérité, la dévaluation incessante du dinar, le taux de chômage record, l’absence de perspectives, la déprime ambiante, telle est la triste priorité de l’élite du pays. A un moment où la Tunisie semble éprouver le plus grand besoin de pouvoir compter sur ses compétences, elle fait face à un véritable exode.

D’après le professeur en médecine Riadh Ben Slama invité chez nos confrères de la radio Express FM le 28 septembre 2017, rien que pour l’année en cours, environ 850 médecins tunisiens ont opté pour l’émigration.

Dans ce même contexte et selon une étude de l’Institut Tunisien des Etudes Stratégiques, 78% des compétences et des universitaires interrogés avaient l’intention de quitter le pays.

Les questions à se poser dans ce contexte d’urgence, pourquoi tardent à apparaître les réactions officielles face à cette catastrophe ? Que fait l’Etat pour retenir la crème de la crème de sa jeunesse, pour faire tarir l’hémorragie ? Quels arguments avance notre pays pour convaincre ses cerveaux de regagner leur patrie ?

Peut-être sommes-nous condamnés à saluer les prouesses que nos enfants accomplissent au-delà de nos frontières ? Comment guérir de cet échec collectif qui empêche la Tunisie de pouvoir faire rêver ses propres citoyens, de les faire adhérer à l’espoir de meilleurs lendemains, de les dissuader d’adopter le dogme « le paradis est ailleurs » ?

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