Du haut de Djebel Ressas, la montagne du Plomb…

Crédit photo : Jim Ryan

Du haut de ses 796 mètres, Djebel Ressas (dont le nom signifie « la montagne du Plomb ») domine toute la région alentour. C’est que ce djebel est plus haut que le Bou Kornine qui lui fait face et culmine en deux temps puisque son nom signifie « la montagne aux Deux Cornes ».

Ainsi, le premier sommet du Bou Kornine atteint 496 mètres alors que le second est haut de 576 mètres. Notons par ailleurs que le Djebel Zaghouan qui se trouve dans la continuité de ces deux sommets et se trouve à une quarantaine de kilomètres constitue le plus haut sommet de toute la région avec ses 1295 mètres au lieu-dit Ras el Guessa.

Concentrons-nous maintenant sur Djebel Ressas avec la promesse de revenir une autre fois sur les autres sommets que nous venons de mentionner.

Cette montagne du Plomb présente des flancs abrupts et a été formée par des calcaires jurassiques qui lui donnent son assise. Une très maigre forêt recouvre les pentes du djebel. Ces dernières mènent à des rochers à pic qui se trouvent au sommet.

La montagne est connue pour receler des dépôts de zinc (calamine) qui ont longtemps été exploités. D’ailleurs, les toponymes des agglomérations qui se trouvent dans la montagne renvoient à cette identité minière.

On trouve ainsi un lieu nommé La Laverie et un autre désigné sous le vocable El Fandria qui, de toute évidence, dérive de La Fonderie.

En ce sens, c’est au niveau de La Laverie (qui constitue un palier qui était utilisé pour le transport du minerai) que partent plusieurs sentiers en direction du sommet.

Il faut compter trois heures d’ascension pour atteindre le point culminant de Djebel Ressas et la montée est plutôt dure, nécessitant une bonne condition athlétique.

Mais l’épreuve vaut largement le coup car, du haut du djebel, on découvre une vue superbe sur l’une des plaines les plus riches de toute la Tunisie.

Cette plaine de Mornag avec ses villages de Khanguet, Cebala ou Crétéville est riche de 2700 hectares plantés de vigne et d’olivaies.

Pour la petite histoire, la dépression naturelle qui forme une vallée verdoyante, nommée Khanguet el Hojjaj, était occupée depuis l’Antiquité.

Si on y trouve les traces de la localité romaine de Néféris (qui abrite aujourd’hui un vignoble réputé), on ne saurait y reconnaître, comme le voudrait la légende, le fameux Défilé de la Hache qui fut le théâtre d’un épisode fameux de la Guerre des Mercenaires qu’évoque Gustave Flaubert dans son roman « Salammbô ».

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