Quand l’intégrisme et l’obscurantisme menacent les singularités tunisiennes

Wajdi Ghanim, invité d’honneur des islamistes tunisiens… C’était en 2012 !

Ce que les intégristes du monde arabe ne comprendront jamais, c’est une certaine singularité tunisienne qui fait de notre pays une terre de rencontre, d’hospitalité et de métissage.

Contrairement à un monde arabe replié sur lui-même, en proie à des vulgates moyenâgeuses et un fantasme de pureté raciale et religieuse, la Tunisie est un pays qui compte beaucoup de fenêtres et une ouverture innée sur le monde.

Il est vrai que ces dernières années, cette singularité tunisienne a été attaquée de toute part, malmenée, vouée aux gémonies. Toutefois, à chaque péripétie, le génie des lieux a fini par s’imposer.

Ces derniers jours, des campagnes haineuses ciblent de nouveau notre pays, ses modes de vie et ses choix de modernité. Ces attaques rageuses proviennent e ceux-là même qui se pavanaient en Tunisie, comme en pays conquis. Ceux qui fulminent aujourd’hui contre la Tunisie sont les mêmes que ceux qui prônaient en 2013 une islamisation par la violence.

Que la cinquième colonne qui est à leurs ordres s’agite et fulmine à son tour est dans l’ordre des choses. Cellules takfiristes et ennemis de la Tunisie haussent le ton et invoquent le jihad contre notre pays, depuis longtemps vouée aux gémonies pour la liberté acquise par ses femmes.

Ces outrances verbales et autres gesticulations guerrières sont dans l’ordre des choses dès qu’il s’agit de l’internationale intégriste qui s’est donnée pour mission de « wahabiser » le Maghreb contre la volonté majoritaire de ses peuples.

Ces menaces vont se poursuivre et il serait d’une gravité extrême qu’elles entraînent des passages à l’acte émanant de cerveaux lessivés par l’obscurantisme ou de jeunes desperados harassés par la vie.

Il faut en tout cas prendre la mesure des choses et constater une nouvelle fois que, pour de nombreux islamistes, la révolution culturelle qu’ils tentent de mettre en œuvre se poursuit et que tous les coups sont permis.

A ce titre, les propos inacceptables de Wajdi Ghanim ont valeur de piqûre de rappel et viennent nous rappeler que le processus démocratique et la transition tunisienne demeurent toujours sous la menace d’ennemis qui n’hésiteront devant rien pour ramener notre pays – brebis égarée disent-ils – dans les rangs des troupeaux de Panurge intolérants, inhospitaliers et parlant dramatiquement de race pure dans un monde cosmopolite.

L’hospitalité et le génie réformiste tunisiens sauront résister à tous les obscurantismes, d’où qu’ils puissent provenir.

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