Un plongeur en apnée, sur le point de représenter la Tunisie, malmené...

Un plongeur en apnée, sur le point de représenter la Tunisie, malmené !

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L’histoire commence lorsqu’Akim Adhari, un plongeur franco-tunisien de 31 ans, choisit de représenter la Tunisie dans la compétition d’apnée « CMAS EUROPEAN APNEA OUTDOOR CHAMPIONCHIP  » qui aura lieu prochainement en Turquie. Il décide alors de faire ses entrainements de préparation dans les eaux de Tabarka, mais les choses, pour lui, ont viré au cauchemar.

En effet, hier samedi 19 août, il sort en mer, vers 5heures du matin, en compagnie de deux autres plongeurs dont un de nationalité qatarie, tout se passe bien jusqu’au moment où une unité de la Garde nationale maritime débarque.

« Je vois le navire de la Garde Nationale se diriger vers nous, je comprends alors qu’un contrôle ordinaire aura lieu. J’ai donc préparé mes papiers pour les présenter. On m’a demandé si j’avais bien prévenu la Garde avant de sortir en mer et l’identité des personnes qui étaient avec moi. »

Selon son récit, Akim, qui affirme que tous ses papiers étaient en règle et qu’il a prévenu les autorités quant à ses entrainements, rapporte qu’il a été maltraité dès le début, il a été même sommé de la fermer, c’est-à-dire de se taire, à plusieurs reprises.

Toujours selon son témoignage, l’unité de la Garde Nationale l’a particulièrement interrogé sur la présence de son invité qatari. Ils pointent du doigt mon ami Soliman en criant : « Ce Qatari, que fait-il avec toi ? Il n’a pas le droit de venir dans ce pays et de plonger ! Fais-tu partie un club de plongée, toi ?  »

J’ai répondu, à l’agent qui me lançait des invectives, que l’on ne faisait pas de plongée avec des bouteilles, il n’y avait, par conséquent, rien d’illégal et que lui (l’agent en question) ne connaissait pas la loi dont il parlait. ».

Les choses empirent. Les plongeurs ont été conduits au poste de police. Les investigations durent environ huit heures. Déshydratés, leur état de santé se dégrade, ils essayent à tout prix de quitter en vain le poste, vu qu’ils n’ont commis aucun délit, nous affirme Akim.

Détention de près de 9 heures

« Je subit alors une détention illégale de près de 9 heures, au cours de laquelle on essayera de m’intimider, de me faire du chantage, à m’humilier pour que je leur donner la vidéo, [qu’il a pu tourner grâce à sa gopro] et pour que je ne porte pas plainte ». a-t-il encore raconté.

Des officiers au sein du poste de police ont même prévu de prolonger sa durée de détention et de le maintenir en état d’arrestation jusqu’à sa comparution devant un juge, nous a-t-il précisé.

Informé de l’incident, le procureur conclut, après des vérifications, que ce n’était qu’un athlète et que le rapport écrit par les sécuritaires ne correspondait pas du tout à son profil. Il demande à ce qu’on le relâche immédiatement, chose qui a été aussitôt faite.

« Je venais de faire une plongée très profonde en apnée et ça été très difficile. Normalement je dois respirer de l’oxygène pur, après l’apnée, mais en Tunisie il est difficile de l’obtenir, je devais alors dormir. Ils ont ignoré mon état de santé alors que j’ai eu des vomissements » a-t-il dit.

Mais, déterminé, Akim va porter plainte contre les agents de cette unité et les officiers du poste pour abus de pourvoir, détention illégale, confiscation illégale de matériel, mise en danger d’’autrui… Il a même contacté un avocat pour entamer la procédure, c’est ce qu’il nous a déclaré.

Toutefois, Akim a expliqué que certains officiers l’ont soutenu durant les heures qu’il a passées en détention au poste de la police.

Résultat : Akim n’est plus apte, aujourd’hui, à continuer ses entraînements de préparation vu son état de santé et son état psychologique. « Il est important de dire que je suis venu en Tunisie par pur patriotisme, en vue de représenter mon pays, mais malheureusement j’éprouve actuellement des sentiments de regret » a-t-il conclu.

K.J 

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