Tunisie : Affaire Slim Riahi ou le vaudeville politique tragi-comique

L’homme d’affaires et politicien, Slim Riahi serait-il victime d’une machination politique comme il le soutient lui-même ? Hier, vendredi 4 août, le président de l’Union Patriotique Libre, apprend que cinq avis de recherche ont été émis par le ministère public à son encontre à la suite d’un jugement par contumace contre lui de 25 ans de prison pour avoir émis des chèques sans provisions. Lesdits chèques auraient été présentés pour encaissement après la décision de gel des avoirs de l’homme d’affaires.

Ses avoirs étant gelés depuis le 28 juin dernier, c’est-à-dire depuis un peu plus d’un mois, on aura attendu le gel de ses avoirs pour présenter des chèques et un jugement pour 25 ans aura été prononcé ?! La justice aura ainsi montré une rapidité et une efficacité à toutes épreuves… Mais doit-on s’en délecter ?! Le cas de Slim Riahi, personnalité à la fois aimée et détestée, propage un certain malaise !

La logique voudrait qu’après le gel de ses avoirs et le rejet des chèques en circulation l’affaire n’aurait pas due être traitée dans le cadre de la réglementation des chèques sans provision dans la mesure où, en toute logique, le tireur de ces chèques n’a aucun moyen pour régulariser sa situation.

Le paradoxe est bien là ! Au moment où Slim Riahi a vu ses biens gelés il avait évidemment des chèques en circulation. Une fois ses biens gelés, plus aucun chèque ne pouvait être compensé et de là, le président de l’UPL est condamné alors qu’il possède les fonds nécessaires pour honorer ses chèques. En retournant la question, ne serait-ce pas, dans ce contexte bien particulier, l’Etat qui devrait payer les chèques en puisant dans les fonds gelés de Slim Riahi afin de payer des « créanciers » et éviter des procédures juridiques ?

A moins que l’objectif soit tout autre et laisse même perplexe. On a gelé les avoirs de Slim Riahi pour ensuite attendre que les premiers chèques soient présentés à la banque. Cinq chèques multipliés par cinq années aura été suffisant pour le condamner à 25 ans de prison, de quoi l’éloigner définitivement des affaires, de la politique (surtout), du Club Africain et de la Tunisie. De quoi le pousser à plier bagages et à quitter le pays.

Le plus bizarre dans cette affaire tragi-comique, c’est le jugement par par contumace, alors que Slim Riahi n’est même pas en fuite, qu’il se pavane avec sa Mercedes à Tabarka en compagnie de son équipe et qu’il se rend à son bureau tous les jours. Comment aurait-il disparu de la circulation alors qu’il a même été convoqué et entendu par la douane à la mi-juillet ?

Cela ressemblerait donc de plus en plus à un règlement de comptes politique déguisé en lutte anti-corruption avec des méthodes qui laissent à désirer. Slim Riahi « crie » sans cesse, à qui veut l’entendre qu’il est victime d’un complot. Ce complot serait en train d’être exécuté sauf que les preuves de celui-ci n’existent pas.

Politiquement, Slim Riahi, hier l’ami et l’allié qui a soutenu Béji Caid Essebsi est devenu l’ennemi numéro un pour l’avoir violemment critiqué allant jusqu’à lui demander de démissionner ! Slim Riahi, également ennemi juré d’Ennahdha, est devenu un adversaire politique gênant qu’on aimerait bien écraser et éliminer à n’importe quel prix !

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