La Tunisie refuse de rapatrier la dépouille d’Anis Amri à ses propres...

La Tunisie refuse de rapatrier la dépouille d’Anis Amri à ses propres frais

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Près de 5 mois après sa mort, Anis Amri fait encore parler de lui… En effet, le frère de l’auteur de l’attentat de Berlin, a annoncé que le ministère des Affaires étrangères a demandé à la famille Amri de collecter de l’argent afin de payer les frais du rapatriement de la dépouille du terroriste.

Délinquant drogué, Anis Amri est l’auteur de l’attaque au camion bélier, le 19 décembre 2016, dans la capitale allemande, qui a fait 12 morts et une cinquantaine de blessés. Un attentat qui a été considéré comme l’une des pires attaques de l’histoire de l’Allemagne.

Une « grosse somme »

Walid Amri a indiqué sur les ondes de Sabra fm, que le ministère a évoqué « une grosse somme », et que c’est la famille du terroriste abattu à Milan en décembre dernier qui devra la payer.

« Ils nous ont appelé à la dernière minute pour nous annoncer qu’il faut payer la somme, sans la préciser, sinon Anis sera enterré en Europe. On n’a pas les moyens de payer de grosses sommes, et on demande à ce qu’ils nous permettent de payer par tranches pour nous faciliter la tâche », a annoncé le frère d’Anis Amri.

La position du ministère des Affaires étrangères

Une source bien informée au sein du ministère des Affaires étrangères a indiqué à Webdo que la famille de l’auteur de l’attentat de Berlin a demandé à l’Etat de payer les frais du rapatriement de la dépouille depuis l’Italie, chose que le ministère a refusé.

Selon la loi et la logique, la Tunisie ne peut pas rapatrier la dépouille d’un terroriste qui a « sali son image à l’échelle internationale », a ajouté notre source.

Les Italiens ne veulent plus d’Anis Amri sur leur territoire

En mars dernier, des responsables italiens ont commencé à exprimer leur mécontentement quant à la présence de la dépouille d’Anis Amri sur le sol italien, à la morgue de Sesto San Giovanni, plus de 4 mois après l’attentat de Berlin.

« L’autopsie et les tests toxicologiques ont été menés il y a des semaines. Je ne sais pas si les enquêteurs ont encore besoin de plus de tests, mais je renouvelle l’appel au ministre de l’Intérieur, Marco Minniti et celui des Affaires étrangères Angelino Alfano pour trouver une solution à ce problème.

L’Italie n’a pas à accueillir cette personne. Même pas en état de mort », avait déclaré Viviana Beccalossi, politicienne et députée au parlement Italien, soulignant l’importance du rapatriement immédiat du corps d’Anis Amri, qu’elle avait qualifié de « monstre ».

La présence de ce dernier en Italie et sa prise en charge par les autorités représentent selon elle « une blague macabre pour tous les Italiens, et surtout la famille de Fabrizia Di Lorenzo, qui a été tué dans l’attentat de Berlin ».

« C’est le gouvernement tunisien qui doit payer la facture, pas nous », avait conclu Viviana Beccalossi.

Anis Amri a terni l’image de la Tunisie

Qu’il s’agit d’une décision basée sur la loi ou d’une conséquence « logique » à ce qu’Anis Amri a fait subir à la Tunisie, le blocage de ce rapatriement découle de la complexité de l’affaire. D’un côté, les autorités italiennes veulent se débarrasser de la dépouille d’un terroriste, d’un autre côté, la Tunisie semble hésitante devant un choix qui pourrait lui coûter cher.

Anis Amri a terni l’image de la Tunisie, comme tant d’autres terroristes avant lui, et on a subi menaces et blâmes à cause de lui. En attendant une solution qui convienne à tout le monde, la dépouille reste dans une morgue dans la petite ville de Sesto San Giovanni, à Milan.

I.B.

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