Tunisie : Nos mœurs politiques et éthiques ont atteint un stade inquiétant !

Nabil Karoui

L’anarchie, les coups bas, les dérives de tous genres ne cessent d’empoisonner l’ambiance et la conjoncture dans notre pays. Ces symptômes ne font que nous enfoncer dans un terrible cercle vicieux où les lobbies de différents types semblent prendre les rênes du pouvoir alors que les pouvoirs officiels paraissent non seulement impuissants mais incapables de les combattre, encore moins de les maîtriser.

Ouvert aux quatre vents, la Tunisie est, depuis le 14 janvier 2011, le territoire dans lequel des forces occultes ou agissant au grand jour ne font qu’à leur guise, œuvrant pour des agendas spécifiques à chacun.

Les médias, ou du moins certains d’entre eux, ne sont pas exempts de ce phénomène et semblent jouer un rôle bien déterminé pour des objectifs politiques bien précis, en défendant les positions de leurs « favoris » ! La logique veut que cela puisse se produire lorsqu’on soutient ouvertement une tendance ou une autre, mais lorsqu’on prétend à « la neutralité » ou à « l’objectivité », il devient difficile de l’accepter.

L’enregistrement « fuité » du patron de Nessma, Nabil Karoui, démontre à quel point nos mœurs politiques et éthiques ont atteint un stade inquiétant. Si elles s’avèrent exactes et établies, elles prouvent le niveau détestable auquel on est, malheureusement, parvenu !

Monter de toutes pièces une « machination » et véhiculer des propos diffamatoires et manipuler ainsi l’opinion publique n’obéit à aucune espèce de morale ou de professionnalisme. Entendre ainsi un patron de presse exiger de ses employés d’agir ainsi est contraire à toute forme d’honnêteté intellectuelle, et ces derniers devraient savoir faire ce qu’on appelle dans la déontologie journalistique la clause de conscience qui permet à chaque journaliste de faire quelque chose contre ses convictions.

Maintenant, il convient de dire aussi que les ONG ont pris des proportions et se permettent parfois des comportements intolérables, inacceptables et qui dépassent parfois largement leurs prérogatives ou leurs champs d’intervention. Elles ont foisonné après le 14 janvier et semblent « manœuvrer » en terrain conquis agissant au bénéfice et pour les intérêts de forces ni inconnues ni innocentes.

Bref, le pays a besoin d’un pouvoir démocratique qui puise sa légitimité réellement dans la volonté populaire afin de pouvoir redresser une situation qui devient alarmante et dangereuse pour promouvoir une véritable démocratie souveraine, loin des influences douteuses, et véritable en favorisant des médias où l’éthique ne serait pas un slogan creux…

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